Les soignants "à bout" descendent dans la rue pour alerter sur l'état du système de santé

Plusieurs collectifs et syndicats de professionnels hospitaliers et libéraux ont appelé à la grève, samedi, dans toute la France. Un rassemblement est prévu notamment devant le ministère des Solidarités et de la Santé, à Paris.

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Des manifestants à Moissac (Tarn-et-Garonne), le 15 novembre 2021. (PATRICIA HUCHOT-BOISSIER / HANS LUCAS / AFP)

Manque de personnel, lits fermésdémissions en cascade… Alors que la cinquième vague de Covid-19 touche l'Hexagone, les soignants se retrouvent devant le ministère des Solidarités et de la Santé, samedi 4 décembre à 13 heures, à l'appel de nombreux collectifs et organisations syndicales. A quelques mois de l'élection présidentielle, les médecins de ville, praticiens hospitaliers, internes, infirmiers ou encore aides-soignants veulent attirer l'attention du gouvernement et des Français sur l'état du système de santé, dont ils réclament une réforme en profondeur.

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"Cette mobilisation est globale, tous les secteurs sont impliqués", prévient Gaëtan Casanova, président de l'Intersyndicale nationale des internes (Isni), contacté par franceinfo. "Ce mouvement arrive au moment où les professionnels sont à bout, ajoute Jérôme Marty, président de l'UFML, un syndicat de médecins libéraux et hospitaliers. Nous en avons marre d'être considérés comme des pions, comme les causes d'un problème, alors que nous n'en sommes que les conséquences." 

Les mesures du Ségur jugées insuffisantes

Tous espèrent que cette manifestation alertera les politiques et l'opinion publique sur la situation du système de santé. "C'est une démonstration de force, pour dire que la santé ne doit pas être humiliée, bien au contraire, elle doit être respectée", affirme à franceinfo Arnaud Chiche, médecin réanimateur-anesthésiste et membre du collectif Santé en danger. 

"Nous faisons ça pour soigner les gens. Les Français sont en danger. Leur santé est en danger. Nous faisons ça pour sensibiliser les Français et être reçus par le gouvernement."

Arnaud Chiche, du collectif Santé en danger

à franceinfo

Ils considèrent aussi que les mesures du Ségur de la santé sont insuffisantes et veulent des réformes de fond. "Nous réclamons également un plan Marshall pour la médecine de ville, affirme Jérôme Marty. Il faut que celle-ci soit intégrée dans les réformes à venir. Quand on entend les discours politiques, il n'est question que de l'hôpital public, alors qu'on ne peut pas le réformer sans réformer la médecine de ville."

Gaëtan Casanova abonde dans le même sens : "Le Ségur n'a pas réussi à répondre à nos attentes. Nous voulions des réponses structurelles, savoir comment nous allions organiser notre système de santé. Le Ségur est un effort financier exceptionnel. Mais ça me fait de la peine de voir qu'autant d'argent est dépensé sans résoudre les problèmes de fond."

Pour Jérôme Marty, la moblisation de ce samedi "n'est qu'un début". Il annonce d'ores et déjà un nouvel appel le 11 décembre.

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