Le gouvernement se penche sur la situation des personnels soignants : "Je pense que je suis largement sous-payée", témoigne une infirmière

En France, les 300 000 infirmiers et infirmières de l’hôpital public ont un diplôme reconnu Bac+3 et pourtant dans le classement de l’OCDE, ces professionnels de santé sont au 28e rang des rémunérations, sur 32 pays.

Article rédigé par
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Une infirmière en milieu hospitalier en 2002. Photo d'illustration. (MAXPPP)

Le "Ségur de la Santé", du nom de l’avenue de Ségur à Paris où se trouve le ministère de la Santé débute lundi 25 mai. Cette concertation entre le gouvernement et tous les acteurs du secteur de la santé, syndicat et collectifs en tête, doit permettre d'élaborer un "plan Hôpital", promis par Emmanuel Macron au plus fort de l’épidémie de Covid-19. Un plan qui doit être annoncé d’ici deux mois, selon le gouvernement.

>> Suivez notre direct sur le coronavirus et ses conséquences.

Parmi les sujets qui seront évoqués lors des discussions figure la hausse du salaire des infirmier(e)s qui fait consensus pour pouvoir notamment résoudre la crise des vocations et la difficulté actuelle de recruter. En France, les 300 000 infirmiers et infirmières de l’hôpital public ont un diplôme reconnu Bac+3 et pourtant dans le classement de l’OCDE, ces professionnels de santé sont au 28e rang des rémunérations, sur 32 pays.

Moins de 2 000 euros par mois après 17 ans de carrière

À 40 ans, Alexandra a déjà derrière elle 17 ans de carrière d’infirmière. Elle a navigué entre le privé et le public et travaille aujourd’hui dans le public, échelon 5, pour un salaire mensuel de 1 900 euros net. "Au bout de 17 ans, c'est relativement dégradant. Je pense que c'est très sous-estimé, surtout que c'est un travail assez conséquent avec de grosses responsabilités", explique l'infirmière, qui estime être "largement sous-payée"

Alexandra travaille en journée et en semaine, elle ne bénéficie donc pas de prime de nuit ou de week-end pour augmenter son revenu. Et les comptes sont vite faits. "On peut déjà enlever 600 euros de nounou sur le salaire", explique-t-elle. À cela s'ajoutent les impôts, l'essence, "un gros budget" pour Alexandra. "Et si on enlève les courses, le téléphone, les assurances de la maison et de la voiture, au final il ne reste plus grand chose", poursuit l'infirmière. Heureusement, dit-elle, il y a le salaire de son mari.

Une revalorisation de salaire "ne serait pas volée" 

Alexandra a pourtant obtenu ces dernières années deux diplômes universitaires de spécialisations mais ça n’a pas eu pour conséquence d’augmenter sa rémunération. Elle n’a même pas essayé de savoir combien elle pourrait toucher en fin de carrière. "Dès que mes enfants seront un petit peu plus autonomes, auront un peu moins besoin de moi et que j'aurai un peu plus de facilité pour les faire garder je quitterai le public c'est sûr, parce que la rémunération est très insuffisante", explique-t-elle.
 
Un travail difficile qu’elle prend très à cœur. Au plus fort de l’épidémie de Covid-19, Alexandra s’est beaucoup impliquée. Elle travaille dans un hôpital psychiatrique, à l’unité d’hygiène, le service qui gère toutes les mesures de protection contre la contamination. 

C'était très compliqué cette période, avec beaucoup d'heures, c'était extrêmement éprouvant.

Alexandra, infirmière dans le public

à franceinfo

Alors, si à l’issue de ce "Ségur de la Santé" son salaire augmente, "ce serait une bonne nouvelle, mais en même temps ce serait une juste nouvelle", estime Alexandra. "Ce serait juste une revalorisation qui ne serait pas volée et qui arriverait juste à une normalité en fait", dit-elle. Mais elle ajoute que cette hausse probable de salaire, elle n’y croit pas trop.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.