Française des jeux : une privatisation "malsaine" ?

Le journaliste Étienne Lefebvre et l'économiste Christophe Ramaux débattent mardi 15 octobre de la privatisation de la Française des jeux.

FRANCEINFO

La privatisation "va permettre à la Française des jeux de se développer", estime Bruno Le Maire, ministre de l'Économie. L'État possède 72% du capital de la FDJ, qui a versé 93,6 millions d'euros en 2018 à l'État et 3,5 milliards de taxes en 2017. "Cette privatisation est très malsaine. Le ministre oublie que ce qui est en jeu avec les jeux d'argent, c'est aussi de l'addiction. 1% de chiffre d'affaires en plus réalisé par la FDJ, c'est 1 000 joueurs pathologiques en plus et 6 500 personnes à risques en plus. Le coût direct pour l'État des addictions aux jeux, c'est un milliard d'euros et le coût global avec les divorces par exemple, c'est près de 9 milliards d'euros. On ne joue pas avec ça", s'insurge Christophe Ramaux, membre des Économistes atterrés.

"Test politique"

"C'est un test politique intéressant. Ça fait très longtemps qu'on n'a pas mis en vente des actions avec un appel populaire. Pour l'instant, les Français sont rétifs à acheter des actions. Je n'occulte pas le problème des addictions. Je pense que l'Etat sera mieux à même de le régler sans sa casquette d'actionnaire", pense Étienne Lefebvre, rédacteur en chef aux Échos.

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Pour jouer, il suffisait à un parieur d'acheter un billet "Happy Day", du nom de l'émission, et de le renvoyer dûment rempli à Swisslos, la loterie suisse. (JOEL SAGET / AFP)