Suremballage : "Des sachets d’amandes, de lentilles ou de raviolis contiennent jusqu'à 56% de vide", dénonce la CLCV

Selon l'Association nationale de défense des consommateurs et usagers, la loi anti-gaspillage de 2020 n'est pas assez contraignante pour les industriels. Elle suggère par ailleurs aux ménages de privilégier le vrac.

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Des mangues emballées dans du plastique vendues à Paris. Photo d'illustration. (AMAURY CORNU / HANS LUCAS)

Alors que le prix de nombreux produits alimentaires augmentent, certaines marques abusent du suremballage et donnent "l’illusion aux consommateurs qu'il y a beaucoup plus de produit que ce qu'il y a réellement", dénonce jeudi 22 septembre sur franceinfo Lisa Faulet, responsable scientifique et alimentation à l’Association nationale de défense des consommateurs et usagers (CLCV).

>>> Consommation : le vrac est-il une bonne affaire ?

La CLCV a étudié les emballages de 250 produits dans neuf enseignes de la grande distribution. Bien que le vide soit nécessaire pour préserver des produits alimentaires, certains "sachets d’amandes, de lentilles ou encore de raviolis contiennent jusqu'à 56% de vide", a-t-elle souligné. L'association "demande aux industriels de réduire au maximum les vides inutiles et les emballages inutiles".

franceinfo : Avez-vous constaté une tendance au suremballage ?

Lisa Faulet : C’est un des constats que nous avons faits dans notre étude. Bien évidemment, l'emballage a un rôle essentiel pour conserver le produit et pour le protéger lors de la manipulation. Mais ce qu'on a constaté, c'est qu’il y a un grand nombre d'emballages qui paraissent complètement démesurés ou inutiles. Effectivement, il y a des sachets, par exemple d’amandes, des sachets de lentilles ou encore de raviolis qui contiennent en fait jusqu'à 56% de vide alors, qu’à première vue, on a l'impression que le sachet est bien rempli. On a fait ce constat vraiment sur tous les rayons : des produits secs, des graines, des lentilles, des pâtes, des biscuits et aussi des produits frais, notamment des barquettes de saucisses ou de lardons, par exemple.

Pourquoi les marques abusent-elles de ce procédé ?

Le vide est nécessaire pour protéger aussi le produit, mais quand on voit que la moitié de l'emballage est constitué de vide, ça ne nous paraît quand même pas forcément justifié et complètement démesuré. L'intérêt, c'est de donner l'illusion au consommateur qu'il y a beaucoup plus de produits que ce qu'il y a réellement. Et puis, le fait d'avoir un grand emballage, ça permet aussi aux marques de pouvoir mettre en avant de belles photos ou des mentions marketing pour attirer le consommateur et lui donner envie d'acheter le produit.

La loi anti-gaspillage votée en 2020 ne suffit pas ?

Oui, il y a la loi AGEC [relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire] pour favoriser l’économie circulaire qui a pour objectif justement de réduire les emballages.

Il y a des objectifs très, très globaux, par exemple, de réduire d’ici 2025 de 20% les emballages plastiques à usage unique. Ça ne va pas assez loin pour nous.

Lisa Faulet (CCLV)

à franceinfo

Il n'y a pas d’interdiction d'utiliser un film plastique qui est complètement superflu autour de boîtes de thé, par exemple ou de supprimer les manchons cartonnés autour des yaourts qui ne sont pas utiles. Il n'y a pas du tout ce type d'obligation pour les professionnels.

Y a-t-il des alternatives à ces emballages plastiques et cartons ?

On demande aux industriels de réduire au maximum les vides inutiles et les emballages inutiles. Après, le consommateur peut aussi dans le mode d'achat privilégier, par exemple, les produits en vrac, choisir les produits qui sont sans suremballage puisqu'il y en a. Il y a des professionnels qui font des efforts et qui réduisent au maximum ces emballages. Et puis aussi se tourner vers le vrac en apportant son propre contenant. Ça peut être aussi une solution.

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