Retraits de chocolats Kinder : on vous résume l'affaire de salmonellose dans laquelle Ferrero est soupçonné d'avoir réagi trop tard

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Dans un supermarché, à Paris, le 12 avril 2022. (RICCARDO MILANI / HANS LUCAS / AFP)

Le groupe Ferrero savait depuis décembre 2021 que des salmonelles avaient été détectées sur son site d'Arlon en Belgique. Mais ce n'est qu'en avril que des chocolats Kinder ont été retirés du marché.

Le scandale couvait depuis des mois, mais il n'a éclaté qu'à quelques jours de Pâques. Un total de 150 cas de salmonellose ont été détectés dans neuf pays européens, dont la France, ont annoncé, mardi 12 avril, deux agences de surveillance européennes. L'Autorité européenne de sécurité des aliments et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies pointent du doigt la responsabilité d'une "usine de production belge", après la fermeture du site Kinder à Arlon en Belgique. Selon les deux agences, l'épidémie, qui n'a provoqué aucun décès à ce stade, touche principalement des enfants de moins de 10 ans. Si de nombreuses zones d'ombre restent à éclaircir, l'implication du groupe Ferrero commence à se préciser. Franceinfo remonte le fil de cette affaire.

1Le 15 décembre, Ferrero repère des salmonelles dans une usine en Belgique

Selon le groupe italien, l'affaire commence dès le 15 décembre par la détection de salmonelles dans l'usine d'Arlon, en Belgique. Une enquête interne permet alors d'identifier l'origine de la contamination, "un filtre à la sortie des deux réservoirs de matières premières". A l'époque, Ferrero retire le filtre et renforce ses contrôles mais n'avertit pas les autorités belges.

"Notre usine se situe en Belgique et, contrairement à la France, il n'y a pas d'obligation légale de le signaler."

Le groupe Ferrero

le 13 avril, dans "Le Parisien"

Dans un communiqué daté du 7 avril, Ferrero assure que "les matières et les produits finis ont été bloqués et n'ont pas été livrés" à l'époque des faits. L'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) contredit cette version : "Après des tests négatifs à Salmonella [la bactérie à l'origine de la salmonellose], les produits chocolatés avaient ensuite été distribués en Europe et dans le reste du monde."

2Le 25 mars, les pays de l'UE sont alertés d'un risque "sérieux" de salmonellose

Après l'apparition de plusieurs cas de salmonellose en Europe, dont un premier dès le 21 décembre au Royaume-Uni, des scientifiques réussissent, "fin mars", à relier ces infections à l'usine belge de Ferrero, selon l'Efsa. Le 25 mars, dans la soirée, la Commission européenne sonne le tocsin : une notification (en anglais) est adressée aux Etats membres via le réseau d'alerte européen de sécurité alimentaire. Le risque est jugé "sérieux".

3Le 4 avril, Ferrero annonce le rappel de certains produits Kinder en France

A ce stade, dix jours après l'alerte de l'UE, la France n'a encore ordonné aucun retrait de produits Kinder. C'est Ferrero qui en prend l'initiative, en rappelant "volontairement" certains lots de Kinder Surprise, Schoko-Bons, Mini Eggs, Happy Moments et Mix fabriqués en Belgique. L'entreprise se veut rassurante : "Aucun de nos produits Kinder mis sur le marché français n'a été testé positif à la salmonelle, nous n'avons reçu aucune plainte de la part de consommateurs", précise-t-elle dans un communiqué.

Le même jour, Santé publique France révèle pourtant la découverte de 21 cas de salmonellose, dont 15 ayant un lien déjà établi avec la consommation de produits Kinder "dans les jours précédant l'apparition des symptômes". Huit personnes ont été hospitalisées dans l'Hexagone et ont pu rentrer chez elles depuis. L'âge médian des patients touchés est alors de 4 ans.

4Le 8 avril, l'usine d'Arlon est mise à l'arrêt

Accusant Ferrero d'avoir fourni des informations "incomplètes", l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca) suspend de facto la production de l'usine Kinder d'Arlon, en lui retirant son autorisation. Selon l'instance belge, le lien établi à la fin mars avec les intoxications "a été confirmé depuis lors". Sur franceinfo, un responsable de l'agence reproche notamment au groupe italien d'avoir laissé "des œufs Kinder se retrouver sur le marché".

"On a remarqué que les informations transmises par Ferrero manquaient de fiabilité, de cohérence. Donc, le lien de confiance est rompu."

Jean-Sébastien Walhin, directeur de la communication de l'Afsca

sur franceinfo

Dans la foulée, Ferrero "reconnaît qu'il y a eu des défaillances internes", qui ont affecté "le partage d'informations" et nui à "la rapidité et l'efficacité des investigations". Le groupe présente alors ses "sincères excuses" à ses consommateurs en Europe et aux Etats-Unis et assure prendre "toutes les mesures nécessaires pour préserver la totale confiance" du public. Désormais, le rappel en France concerne l'ensemble des produits visés, indépendamment de leur date de péremption.

5Le 11 avril, la justice belge ouvre une enquête

L'affaire prend finalement un tournant judiciaire avec l'ouverture d'une investigation officielle par le parquet de la province de Luxembourg, dans le sud de la Belgique, pour établir d'éventuelles responsabilités au sein de l'usine située à Arlon. Selon l'Autorité européenne de sécurité des aliments, des recherches  supplémentaires seront "nécessaires pour identifier la source exacte et le moment précis de la contamination" et pour se pencher sur "l'utilisation plus large de matières premières contaminées dans d'autres usines".

Pour l'heure, Ferrero France invite toujours ses clients à la contacter au 0 800 65 36 53, par courriel à contact.fr@ferrero.com ou sur les réseaux sociaux. L'entreprise propose des bons d'achat en guise de dédommagement et précise que son service consommateurs restera ouvert pendant le week-end de Pâques. Elle souligne que "les produits Kinder dédiés à Pâques ne sont pas tous concernés par le rappel en cours".

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