Morts à l'Ehpad de Lherm : où en est l'enquête après l'intoxication alimentaire de plusieurs résidents ?

Cinq résidents sont morts dans la nuit de dimanche à lundi, à la suite d'une probable "intoxication alimentaire". Des analyses sont toujours en cours pour déterminer avec certitude les causes de ces décès. 

Des gendarmes en poste devant l\'entrée de l\'Ehpad \"La Chêneraie\", le 1er avril 2019 à Lherm (Haute-Garonne). 
Des gendarmes en poste devant l'entrée de l'Ehpad "La Chêneraie", le 1er avril 2019 à Lherm (Haute-Garonne).  (ERIC CABANIS / AFP)

Une "toxi-infection alimentaire" semble être la cause de la mort des cinq résidents de l'Ehpad "La Chêneraie" de Lherm (Haute-Garonne), a annoncé, jeudi 4 avril, le procureur de la République de Toulouse. Quatre femmes et un homme sont morts, dans la nuit du dimanche 31 mars au lundi 1er avril, dans cet établissement du groupe Korian, après avoir pris leur dîner. Franceinfo fait le point sur l'enquête en cours, près d'une semaine après le drame. 

Une intoxication alimentaire potentielle

La piste d'une intoxication alimentaire a été privilégiée dès la révélation du drame, notamment par l'Agence régionale de santé (ARS). Elle prend aujourd'hui de l'épaisseur. "Il s'agit de personnes dépendantes, très fragilisées, qui ont subi un choc toxique", a déclaré jeudi le procureur. "Deux sont décédées à la suite d'une défaillance cardiovasculaire-respiratoire après un choc toxique, compatible avec une intoxication alimentaire", a assuré Dominique Alzeari lors d'une conférence de presse.

Il n'a pour autant pas précisé que l'intoxication alimentaire était la cause définitive et formelle de la mort de ces quatre femmes, âgées de 72 à 95 ans, et de celle d'un homme de 93 ans. Il a aussi ajouté qu'il n’y a pas de précisions, dans l'immédiat, sur les bactéries incriminées affirmant par ailleurs que "rien ne permet d'objectiver un acte volontaire".

Les repas servis par Korian mis en cause

"Une toxi-infection alimentaire a été objectivée du fait de la présence de bactéries dans différents ingrédients retrouvés dans des repas-témoins saisis, y compris avant le jour des décès", a assuré le procureur de la République de Toulouse. Concernant l'hypothèse d'une infection due au mixage des aliments, le procureur a répondu que "des gens qui ont pris ces repas n'ont pas été malades". Il a souligné que pour les 26 victimes de l'intoxication finalement recensées, l'établissement servait plus de 50 repas "mixés ou lissés", destinés aux personnes dépendantes.

Les repas à l'origine du drame ne sont pas "forcément les repas du soir", a-t-il indiqué. Contrairement à ce qui avait été annoncé dans un premier temps, les repas des résidents étaient bien préparés sur place, à partir d'ingrédients commandés chez le sous-traitant spécialisé Sodexo et chez des producteurs locaux. 

Le groupe Korian, auquel appartient l'Ehpad "La Chêneraie", a dû répondre à des questions sur la préparation des repas et faire un point sur les normes sanitaires existantes. En septembre 2018, Envoyé spécial avait enquêté sur les conditions de vie dans les Ehpad, en dénonçant une course aux économies. 

Treize plaintes déposées 

Dans la journée qui a suivi les décès, une enquête pour "homicides involontaires et blessures involontaires" a été ouverte par le parquet de Toulouse. Treize plaintes ont été déposées, dix pour "homicides involontaires" et trois pour "blessures involontaires".

Au total, ce sont 26 personnes, dont les cinq résidents décédées, qui ont été infectées. Une information judiciaire devrait être prochainement ouverte. Le procureur de la République de Toulouse indique qu'il est "trop tôt pour rechercher des responsabilités individuelles".