Environnement : des lobbies s'opposent à près de la moitié des propositions émises par le Conseil national de l'alimentation

Les lobbies agricoles s’opposent fermement à près de la moitié des mesures prioritaires préconisées, a appris franceinfo vendredi.
Article rédigé par France Info
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Epandage dans un champ, en Ille-et-Vilaine (illustration), le 10 mai 2022. (VINCENT MICHEL / MAXPPP)

Des lobbies agricoles et agroalimentaires s'opposent fermement à 19 des 39 recommandations prioritaires formulées par le Conseil national de l'alimentation dans son avis rendu au gouvernement et qu'a pu consulter franceinfo ce vendredi 21 avril.

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Cette instance consultative est notamment composée d'associations telles que l'UFC-Que Choisir ou Réseau Action climat, mais aussi de l'Association des industries alimentaires (Ania), qui représente les intérêts des industriels de l'agroalimentaire et de la FNSEA, principal syndicat agricole. Il a formulé un avis d'une centaine de pages, avec des recommandations prioritaires. Elles doivent servir de base au gouvernement pour établir la future Stratégie nationale pour l'alimentation, la nutrition et le climat (SNANC), issue des propositions de la Convention citoyenne pour le climat. L’exécutif doit en effet définir, avant le 1er juillet, les objectifs de la France en matière d'alimentation pour les dix prochaines années.

Les lobbies agricoles et agroalimentaires se mobilisent donc pour affaiblir au maximum la portée de l'avis du Conseil national de l'alimentation. Et ils ont déjà gagné quelques batailles, selon les informations de franceinfo. Ils ont notamment obtenu que soit bannie de l'avis rendu au gouvernement l’expression "élevage intensif" et que soit employé le mot "modération" plutôt que "réduction de la consommation de viande".

La moitié des mesures rejetées 

Au total, ces lobbies s’opposent fermement à près de la moitié des mesures prioritaires préconisées. Ces oppositions sont écrites noir sur blanc dans l'avis transmis à l'exécutif. "La FNSEA exprime un point de désaccord" par exemple à ce que la France s'aligne sur les politiques européennes prévoyant une réduction de 50% du recours aux produits phytosanitaires, pesticides et herbicides d'ici 2030. L'Ania et la FNSEA s'opposent également à "encadrer et réglementer le marketing et la publicité des produits allant à l'encontre d’une alimentation équilibrée, saine et durable pour protéger les consommateurs et les enfants en particulier".

Les lobbies s'opposent aussi unanimement à la mise en place d'un affichage environnemental sur les produits alimentaires permettant de connaître le mode d'élevage mais aussi au lancement de campagnes à destination du grand public en faveur d'une "modération" de la consommation de viande au profit des fruits et des légumes.

Les recommandations de la SNANC sont désormais dans les mains du gouvernement. La Direction générale de la Santé confirme à franceinfo vendredi que le Conseil national de l'alimentation sera de nouveau consulté, avec d'autres organismes, sur ce projet de SNANC "vers les mois de mai-juin".

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