Scandale de l'amiante : non-lieu prononcé dans le dossier Jussieu, le Comité anti-amiante fait appel

Le Comité anti-amiante Jussieu considère ce non-lieu comme "scientifiquement et juridiquement erroné" et affirme avoir récolté suffisamment de preuves pour incriminer les responsables de la mort de "milliers" de personnes.

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Radio France
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Une manifestation de l'Andeva, association nationale de défense des victimes de l'amiante, à Paris en 2019. Image d'illustration (BENOIT DURAND / HANS LUCAS VIA AFP)

Les juges d'instruction du pôle de santé publique du tribunal de Paris ont ordonné un non-lieu jeudi 24 février dans le dossier emblématique du scandale de l'amiante au campus universitaire de Jussieu, à Paris, 26 ans après le dépôt de la première plainte, a appris franceinfo ce lundi auprès du collectif et de l'avocat de l'Association des victimes de l'amiante Antoine Vey.

Les juges motivent leur décision, dans l'ordonnance de non-lieu que franceinfo a pu consulter, par "l’impossibilité scientifique, compte tenu des temps de latence globalement très longs des maladies en lien avec l’amiante", de mettre en lien ces pathologies et une exposition à l'amiante sur le campus de Jussieu.

Le Comité anti-amiante Jussieu annonce dans un communiqué lundi 28 février qu'il fait appel de ce non-lieu devant la chambre d'instruction car il le trouve "scientifiquement et juridiquement erroné". Il pense que la chambre de l'instruction accèdera à sa demande et annulera ce non-lieu pour cette raison.

Le comité a déposé une citation directe

Le Comité accuse les juges d'instruction, qui ont repris le dossier en 2013, d'avoir pour "stratégie d'abandonner délibérément l'instruction et d'entraîner les parties civiles dans des batailles procédurales jusqu'à l'extinction de l'action publique par le décès des personnes mises en cause", une "grande partie d'entre elles" étant déjà mortes depuis la première plainte.

Le comité a déposé, avec l'Association nationale des victimes de l'amiante, une citation directe pour "homicides et blessures involontaires", "non-assistance à personne en péril", "complicité d'administration de substance nuisible", "complicité de tromperie aggravée" et "association de malfaiteurs" au tribunal judiciaire de Paris en novembre dernier, visant 14 personnes – hauts-fonctionnaires et membres du Comité permanent amiante – dont l'identité n'a pas encore été dévoilée.

Le Comité anti-amiante Jussieu affirme avoir mené l'enquête et récolté suffisamment de preuves de leur responsabilité dans la mort de "milliers" de personnes. Cette citation directe sera audiencée en juin.

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