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Nouveau monde. Facebook : l’opération séduction de Mark Zuckerberg

Mark Zuckerberg s'explique dès ce mardi devant le Congrès américain suite au scandale Cambridge Analytica. Les données personnelles de 87 millions d’utilisateurs de Facebook auraient été exploitées abusivement.

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Mark Zuckerberg, patron de Facebook, quitte le Capitole à Washington DC, le 9 avril 2018.
Mark Zuckerberg, patron de Facebook, quitte le Capitole à Washington DC, le 9 avril 2018. (JIM WATSON / AFP)

Mardi 10 avril, Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, doit s’expliquer devant le Congrès américain suite au scandale Cambridge Analytica

Qu’est-ce qui attend Mark Zuckerberg exactement ?

Le jeune boss du plus grand réseau social du monde occidental va passer deux jours à Washington et on n’aimerait pas être à sa place. Deux jours d’audition devant des parlementaires du Congrès. Ce mardi, il s'explique devant une séance commune des Commissions de la justice et du commerce du Sénat. Mercredi, il sera entendu par la Commission de l'énergie et du commerce de la Chambre des représentants.

L’heure est grave pour Facebook, en témoigne la mobilisation générale avec des prises de parole à répétition. Zuckerberg s’est préparé comme un boxeur. Il aurait même suivi des coaching avec des bataillons de consultants, dont un ancien conseiller de George W. Bush. Auparavant, il s’est excusé et s’est dit désolé. Lors de ces auditions, il va tenter de faire preuve d’humilité et de se montrer rassurant. Bref, une véritable opération pattes blanches.

Que reproche-t-on à Facebook ?

Rappelons que tout part du scandale Cambridge Analytica. Les données personnelles de 87 millions d’utilisateurs (dont 200 000 Français) auraient été exploitées abusivement et cela aurait permis d’adresser des publicités ciblées à des millions d’électeurs américains, notamment au moment de l’élection présidentielle américaine de 2016. On reproche donc deux choses à Facebook :

1- de ne pas avoir suffisamment protégé les données de ses utilisateurs

2- d’avoir joué un rôle dans l’élection, d'avoir eu une influence sur le scrutin et sur la victoire finale de Donald Trump.

En plus de Cambridge Analytica, on découvre que d’autres entreprises tierces auraient eu accès aux données des membres de Facebook via des tests psychologiques : CubeYou et Agregate IQ.

Et maintenant ?

Les parlementaires pourraient réclamer des changements significatifs. La direction de Facebook a multiplié les annonces. Les réglages de confidentialité ont été (ou vont) être simplifiés. Le contrôle des annonceurs qui souhaitent s’adresser aux membres du réseau social va être renforcé.

Lundi soir, Facebook a même annoncé la mise sur pied d’une commission universitaire "indépendante" chargée d’étudier "les effets des réseaux sociaux sur les élections et la démocratie". Parallèlement, on a découvert que Mark Zuckerberg avait supprimé un certain nombre de ses anciens messages sur Messenger, y compris du côté des destinataires. Une mesure discrétionnaire qui devrait être proposée prochainement à tous les abonnés.

Mark Zuckerberg, patron de Facebook, quitte le Capitole à Washington DC, le 9 avril 2018.
Mark Zuckerberg, patron de Facebook, quitte le Capitole à Washington DC, le 9 avril 2018. (JIM WATSON / AFP)