Ma ville demain, France info

Ma ville demain. Gros plan sur le tourisme

À quoi va ressembler ma ville demain. On en parle tous les week-ends cet été sur franceinfo. Aujourd'hui, pourquoi et comment il faut diversifier et réorienter le tourisme dans les grandes villes.

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !
A Venise, le 13 juin 2020, les visiteurs retrouvent la Place Saint-Marc et le Palais des Doges. 
A Venise, le 13 juin 2020, les visiteurs retrouvent la Place Saint-Marc et le Palais des Doges.  (FEDERICO VESPIGNANI / ANADOLU AGENCY)

Ma ville demain, tout cet été sur franceinfo, Cécile Maisonneuve et Edouard Marguier se demandent ce qui va changer pour nos villes demain.  Et aujourd'hui, gros plan sur le tourisme qui fait vivre de nombreuses cités, mais qui les fait aussi étouffer...

franceinfo : Les eaux claires des canaux de Venise : le confinement a montré à quel point le tourisme pouvait défigurer les villes. Cécile Maisonneuve, Ma ville demain aimera-t-elle encore les touristes ?

Cécile Maisonneuve : Dans certaines villes, effectivement, le tourisme est devenu un problème. Le tourisme ou le surtourisme ? Ne confondons pas les deux : les villes aiment les touristes et vont continuer de se battre pour les attirer. 15 juin, aéroport de Palma de Majorque : des photographes font le pied de grue à l’arrivée d’un avion. Qui attendent-ils ? Pas une star de football ou du grand écran, mais les premiers touristes allemands de la saison en provenance de Düsseldorf, après la levée des restrictions de voyages dans l’Union européenne.

Le sujet, c’est de diversifier les lieux de tourisme. Car le tourisme va continuer de croître : on s’apprêtait, en 2020, à dépasser la barre du milliard et demi de touristes dans le monde. Le secteur représente 10% du PIB mondial. La France, elle, s’était fixée un objectif de 100 millions de touristes accueillis en 2022.

Cécile Maisonneuve

Diversifier les villes touristiques oui, mais certaines attirent plus que d’autres...

Oui, la liste des villes les plus attractives est connue : en Europe, c’est Paris, Venise, Amsterdam ou Barcelone. Cette dernière a d’ailleurs été la première à dire "Stop !". La maire de Barcelone a même annoncé ne plus vouloir accueillir de touristes, sur la pression des habitants. De fait, accueillir plusieurs millions de touristes par an crée des pressions sur les infrastructures de transport, les écosystèmes, des tensions avec les locaux… L’un des grands sujets, c’est notamment le logement. Il suffit par exemple de voir comment Airbnb a métamorphosé le visage du Vieux Séville !

Mais alors, comment une ville peut-elle concilier préservation de son identité, maintien de ses habitants et attractivité internationale ?

L’équation est délicate, oui. Différentes pistes existent. Amsterdam fixe des limites aux déplacements des touristes : fin des calèches et segways ; plus de paquebots ou de cars dans le centre-ville, plus de magasins spécifiquement destinés aux touristes non plus ! Les locations Airbnb, quant à elles, sont limitées à 30 jours par an, contre 60 avant.

Au-delà du quantitatif, il y a aussi une approche qualitative à adopter. L’idée, c’est aussi de responsabiliser les touristes, de les transformer en citoyens d’un jour, mais citoyens quand même ! De leur rappeler qu’à Venise, il n’y a pas que la place Saint-Marc, qu’à côté de Venise, il y a d’autres merveilles, que la Vénétie, c’est aussi des vignobles fabuleux. Bref, de transformer le tourisme de masse en un tourisme plus "local", "vert", plus diffus.

A Venise, le 13 juin 2020, les visiteurs retrouvent la Place Saint-Marc et le Palais des Doges. 
A Venise, le 13 juin 2020, les visiteurs retrouvent la Place Saint-Marc et le Palais des Doges.  (FEDERICO VESPIGNANI / ANADOLU AGENCY)