Ma vie d'après, France info

Ma vie d'après. La reconversion professionnelle

Ces petits riens, ces petits touts, la preuve que rien ne sera plus comme avant, que le "monde d'après" est déjà là. Jeudi, Neila Latrous voudrait bien changer de boulot.

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Un homme en formation de soudeur. Photo d\'illustration.
Un homme en formation de soudeur. Photo d'illustration. (ALEX BAILLAUD / MAXPPP)

Je suis le rêve de près d’un actif sur deux en France. 27 lettres comme "reconversion professionnelle". La crise sanitaire a poussé les Français à s’interroger sur le sens de leur travail. Les plus jeunes notamment : les moins de 44 ans sont les plus tentés par un projet de reconversion, selon une enquête BVA.

Du côté des organismes de conseil en évolution professionnelle, le téléphone n’arrête pas de sonner. Isabelle Derôme, consultante en développement professionnel au sein de l’Apec à Lille : "En ce qui me concerne, 70% sont des cadres qui demandent un rendez-vous et abordent le projet de la reconversion. Là, j'accompagne un cadre qui est directeur financier, qui a toujours aimé les métiers de bouche et qui souhaitent reprendre une formation pour ouvrir une boulangerie."

Les cadres cherchent un poste en lien avec leurs valeurs et bon nombre d'entre eux s'informent de l'emploi autour de l'économie sociale et solidaire.

Isabelle Derôme, de l'Apec

L’Apec, c’est l’organisme qui accompagne les cadres d’entreprises. C’est important ce que dit Isabelle Derôme sur les valeurs. Cela confirme le sondage mené par l’institut BVA. La quête de sens, c’est le principal moteur de reconversion de l’ensemble des actifs, cadres ou non. Bien avant la crainte des licenciements et des restructurations, ou la recherche d’un meilleur salaire. Mais attention, si vous envisagez de changer d’horizon, la précipitation est votre pire ennemie. Il faut prendre le temps de bien préparer son projet.

Comment faire ?

 
Première étape : prendre contact avec un organisme, l’Apec si vous êtes cadre. Ou sinon Pôle emploi et les missions locales. Ensuite, il vous faut l’aval d’une commission régionale pour attester que votre projet est "réel et sérieux". Ce sont ces interlocuteurs qui vont vous guider et vous renseigner sur les opportunités en terme d’emplois, pour connaître les secteurs porteurs, les formations nécessaires et les pistes de financement.
 
Car si vous suivez ce processus, vous pouvez être éligible à un financement public pour mener à bien votre reconversion professionnelle. Il n’est pas indispensable non plus de démissionner. Des dispositifs existent pour initier ce changement de vie tout en restant dans son entreprise D’autant qu’un nouveau mécanisme est venu s’ajouter à ce qui existe déjà. Emmanuel Macron, le 14 juillet dernier"Nous avons décidé pour le pays d'un  dispositif inédit, d'activité partielle de longue durée. On va mettre sur ce dispositif 30 milliards d'euros pour compléter les salaires, pour financer des formations, pour permettre soit d'être le jour d'après un salarié mieux formé qui gagnera mieux sa vie, soit d'aller vers des secteurs d'activité où il y a des opportunités. Parce que l'on sait que certains secteurs vont détruire de l'emploi. Donc il faut que l'on utilise cette période pour former, pour permettre aux salariés d'acquérir des compétences." 

Il faut garder en tête que la reconversion des uns, ce sont aussi des places qui se libèrent pour d’autres. De quoi rendre le sourire aux 700 000 jeunes diplômés qui craignent de ne pas trouver d’emploi cette année.

Un homme en formation de soudeur. Photo d\'illustration.
Un homme en formation de soudeur. Photo d'illustration. (ALEX BAILLAUD / MAXPPP)