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Les Informés. Réforme du code du travail : "Il y a un flou monumental"

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Les invités des Informés de franceinfo sont revenus en première partie d'émission sur l'attentat terroriste de Manchester, avant d'évoquer la réforme du code du travail, souhaitée par le président de la République. 

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Jean-Claude Mailly, secrétaire général du syndicat Force Ouvrière (premier plan), et Pierre Gattaz, président du Medef (à l'arrière plan), le 23 mai 2017 dans la cour de l'Élysée (Paris).  (PAUL BARLET / LE PICTORIUM / MAXPPP)

Le renseignement, "reine des batailles" contre le terrorisme

Au lendemain de l'attaque terroriste qui a fait 22 morts, à Manchester (Angleterre), un constat a fait l'unanimité chez les invités des Informés : les États, et en particulier la France, doivent octroyer plus de moyens à leur service de renseignement. "C'est la reine des batailles", selon Frédéric Encel, géopoliticien. Conséquence : "ça nécessite des arbitrages budgétaires. Est-ce que nous sommes prêts à mettre davantage ? Ça ne suffira pas à tout empêcher", a-t-il prévenu, avant d'ajouter : "mais plus on met d'hommes et de matériel, plus, en principe, on a de chance d'empêcher des attentats." 

Le renseignement se gagne dans la durée et dans la profondeur

Bertrand Soubelet, général de gendarmerie

à franceinfo

Le géopoliticien a été rejoint par Bertrand Soubelet, général de gendarmerie : "Le renseignement, c'est un travail de longue haleine", nécessaire pour anticiper les attaques. Il a regretté la réforme du renseignement de 2008, qui a mis ses "services par terre." "À cette époque-là, a-t-il développé, on a détruit des fichiers. Aujourd'hui, on s'en mord les doigts. Parce que ces fichiers nous auraient été extrêmement utiles. Tout cela, c'est facile de le détruire, mais quand il faut le remettre en route et retrouver des banques de données, ça prend beaucoup de temps." Le général a appelé le président de la République, Emmanuel Macron, à tenir sa promesse : "consacrer des moyens, techniques, humains, au renseignement".

Loi travail, premier chantier de l'ère Macron

Les partenaires sociaux - syndicats et patronat -, se sont réunis à l'Élysée autour du président de la République, mardi 23 mai. "Une prise de contact" pour le secrétaire général de la CGT, Phillipe Martinez, afin d'évoquer la réforme du code du travail, au coeur du projet d'Emmanuel Macron. Un projet, dont les contours ont à peine été dévoilés, a regretté Rafik Smati, chef d’entreprise, président du mouvement Objectif France : "Il y a un flou monumental. Emmanuel Macron ne s'est malheureusement pas fait élire sur des réformes précises. Il risque de le payer demain, notamment avec les partenaires sociaux."

Emmanuel Macron devra sortir des choses du chapeau pour que sa réforme puisse être acceptable

Christophe Alix, chef du service Futurs de Libération

à franceinfo

Pire, selon Christophe Alix, chef du service Futurs de Libération : "Il y a beaucoup de dossiers sur la table et quand on regarde sur le détail, c'est beaucoup plus ambitieux que la Loi El Khomri" "Et quand on voit déjà comment elle avait mobilisé dans la rue, a-t-il repris, tactiquement, il faut aller très vite." Le chef de l'État a d'ailleurs prévenu : il souhaite légiférer par ordonnances, pour gagner du temps. Mais la méthode est décriée par l'opposition et les syndicats. 

Autre "vrai problème" pour Christophe Alix : "On ne peut pas faire passer une telle réforme, qui engage tellement la démocratie et la négociation sociale, en n'ayant de son côté qu'un syndicat : le Medef." Emmanuel Macron devra donc d'après lui, "négocier en contrepartie. Il va devoir trouver des bouts de CFDT, de Force ouvrière pour aller dans le sens de la réforme."


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