Hôpital Cochin, CHU de Nantes, faible adhésion : trois intox sur la vaccination obligatoire des soignants

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En attendant l'entrée en vigueur de la vaccination obligatoire contre le Covid-19 pour les soignants le 15 septembre, de fausses informations circulent sur les réseaux sociaux. 

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Radio France
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Une infirmière prépare le vaccin dans un centre. (Illustration).  (GUILLAUME BONNEFONT / MAXPPP)

Dans une semaine, le 15 septembre, toutes les personnes qui travaillent dans les hôpitaux, cliniques, Ehpad ou maison de retraites seront soumises à l'obligation vaccinale contre le Covid-19. En attendant cette entrée en vigueur, des messages, très partagés sur les réseaux sociaux, affirment que de nombreux soignants refuseraient la vaccination ou que des hôpitaux seraient en difficulté face à un manque de personnel. La cellule Vrai du Faux fait le tour de ces intox. 

Non, il n'y a pas une faible adhésion pour la vaccination 

Première rumeur : de nombreux soignants continueraient de refuser la vaccination. Une affirmation fausse puisqu'une large majorité est aujourd'hui vaccinée. Selon la dernière estimation de Santé Publique France, ils sont près de 87% à l'hôpital à avoir reçu au moins une dose. C'est beaucoup plus que mi-juillet au moment de l'annonce du pass sanitaire, où ils étaient seulement 62%. 

D'ailleurs, ce chiffre de 87% est sous-estimé selon le ministère de la Santé car tout le personnel n'a pas encore fourni son attestation, sans compter ceux qui ont eu le Covid-19 récemment et qui sont dispensés de vaccin pour six mois. En revanche, le ministère ne donne pas le détail par profession, sachant que traditionnellement, la défiance envers les vaccins est plus forte chez les aides soignants que les médecins par exemple. 

Non, 30% des salariés du CHU de Nantes ne refusent pas la vaccination 

C'est un message très partagé : celui de Florian Philippot, le président du parti les Patriotes très opposé aux mesures sanitaires, qui affirme que 30% des soignants du CHU de Nantes ne sont pas vaccinés. Sauf que ce chiffre est faux. Le CHU de Nantes, que nous avons contacté, conteste.

Selon l'hôpital nantais, c'est 15% du personnel qui n'a pas encore fourni les justificatifs et le CHU précise que la "quasi-totalité de ses professionnels de santé sont vaccinés". "Les justificatifs sont toujours en cours de réception, dans une période de rentrée/fin de congés, avec une réception régulière et quotidienne. Ce chiffre évolue donc tous les jours, dans une logique d'augmentation", poursuit le CHU.

Cela ne veut pas dire qu'il n'y aura pas quelques difficultés, reconnait de son côté la Fédération hospitalière de France mais attention, dit-elle, à ces cas particuliers mis en avant sur les réseaux sociaux, qui ne reflètent pas forcement la réalité. 

Non, l'hôpital Cochin à Paris n'a pas décalé d'un mois l'obligation vaccinale

L'hôpital Cochin aurait choisi de décaler au 15 octobre l'obligation vaccinale faute d'adhésion au vaccin, selon des messages massivement partagés sur les réseaux sociaux. Là encore, c'est faux.

La date du 15 octobre avancé dans ces messages existe bien, mais il s'agit du dernier délai pour obtenir sa seconde dose. Cette date est inscrite dans la loi depuis cet été. Il n'y a rien de nouveau et elle vaut pour tous les hôpitaux. L'hôpital Cochin a d'ailleurs répondu au tweet en question. 

Par ailleurs, le taux de vaccination à l'hôpital Cochin atteint 83% pour l'ensemble du personnel. Concernant l'AP-HP (hôpitaux de Paris), 95% du personnel médical a reçu au moins une dose à la date du 6 septembre, 66% pour le personnel non médical (cadre de santé, personnel médico technique et socio-éducatif etc...) et 84% du personnel non soignant (administratifs, techinques etc...). 

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