La réduction de la dette semble moins une priorité qu'avant

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Le Covid a fait passé la réduction de la dette au second plan. La guerre en Ukraine et la flambée des prix risque de la remette encore à plus tard.

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Radio France
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Le ministère de l'Economie et des Finances à Paris dans le quartier Bercy. (GUY REGISTE / RADIO FRANCE)

C’est un mot que l’on n’a pas du tout entendu dans cette campagne électorale alors que le premier de l'élection présidentielle se déroule dans huit jours. Il y a cinq ans, les questions de dette, de déficit public et de l’équilibre budgétaire avaient pourtant largement occupé les débats. Est-ce que cela signifie pour autant que la situation s’est améliorée en cinq ans ? Pas du tout. Les vannes budgétaires se sont ouvertes bien au contraire. Avec tout d’’abord la crise des "gilets jaunes" en 2018. Et puis surtout le covid deux ans plus tard.

La dette atteint 113% du PIB en 2021

La dette s’est creusée en cinq ans. Selon les derniers chiffres publiés par l’Insee en début de semaine, la dette atteignait plus de 2 813 milliards d’euros fin 2021, soit quasiment 113% du PIB, c'est -à-dire de la richesse créée en une année en France. Avec un déficit à 6,5%, donc bien loin des 3% visés il y a cinq ans. Un objectif visé par le pacte de stabilité européen, mais crise du Covid oblige, a été mis entre parenthèse pendant toute la pandémie. Le Covid a créé une situation exceptionnelle partout dans le monde. Les pays de l’Union européenne dont la France ont décidé de laisser la dette se creuser pour mettre en place un filet de sécurité qui permette aux salariés de conserver leur emploi et aux ménages leur épargne. Surtout que l’argent ne coûtait pas cher. La France a même emprunté à taux négatifs pendant plusieurs années. Mais la semaine dernière, le taux d’emprunt de la France à dix ans est repassé au-dessus d’un 1%. Une première depuis quatre ans.

Normalement la France doit envoyer à Bruxelles d’ici la fin du mois ses objectifs budgétaires et financiers, c'est-dire ses prévisions de déficit, de dette, de croissance aussi pour les mois à venir. C'est ce que l’on appelle une trajectoire budgétaire. Mais Bercy a décide de l’envoyer plus tard. À cause de l’échéance électorale mais aussi du contexte géopolitique aux conséquences économiques majeures, qui affolent tous les indicateurs à commencer par l’inflation . Les prix à la consommation ont augmenté de 4,5% en un an en France selon les derniers chiffres publiés par l’insee cette semaine à cause de la flambée des prix de l’énergie. On n'avait pas vu cela depuis trente ans. De quoi remettre peut-être encore à plus tard la réduction de la dette.  

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