Les ambassadeurs de dix pays occidentaux vont-ils devoir quitter la Turquie ?

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La menace est proférée par l'homme fort d'Istanbul. Recep Teyyip Erdogan a annoncé samedi avoir ordonné l'expulsion de plusieurs ambassadeurs. La France, l'Allemagne et les États-Unis sont concernés. Mais aucun des dix pays visés n'a pour l'heure reçu la notification de cette décision. L'autocrate turc ira-t-il au bout ?

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Radio France
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Le président turc Recep Tayyip Erdogan à l'Assemblée nationale à Ankara (Turquie).
 (ADEM ALTAN / AFP)

À première vue on voit mal comment Recep Teyyip Erdogan pourrait faire machine arrière. Le président turc a réclamé dès jeudi 21 octobre le départ des ambassadeurs, avant de les déclarer persona non grata ce week-end. Cette procédure, rarissime, entraîne le rappel des ambassadeurs par leur pays mais elle doit être officiellement notifiée, ce qui n'est toujours pas le cas.

Les dix pays concernés ont eu le tort d'avoir réclamé la libération d'Osman Kavala. 64 ans, éditeur richissime, philanthrope devenu bête noire du régime. Emprisonné depuis quatre ans sans que la justice turque trouve une raison de le condamner. Il incarne tout ce que déteste Erdogan la mobilisation de la société civile, la main tendue aux minorités kurde et arménienne, les liens tissés à l'international.

Jouer sur la fibre nationaliste

Le président turc cherche tout simplement à ressouder son électorat, en faisant vibrer sa fibre nationaliste. La monnaie qui dévisse, l'inflation qui galope, le pouvoir d'achat qui s'effondre, la Turquie est en plein marasme économique, et menace de se détourner d'Erdogan. À deux ans des élections, l'autocrate frappe fort en s'en prenant à des pays amis. Tous font partie comme la Turquie de l'OCDE, sept d'entre eux de l'Otan. Cinq sont des partenaires essentiels sur le plan économique. Bref, l'énormité du geste et de ses conséquences pourraient, in fine, faire reculer Erdogan..

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