France - Australie, les retrouvailles

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Emmanuel Macron et le nouveau Premier ministre australien, Anthony Albanese, veulent rebâtir une "relation de confiance", après la crise diplomatique liée à la rupture du méga-contrat de sous-marins français.

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Radio France
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Les drapeaux de l'Australie et de la France côte à côte sur un pont à Sydney (Australie). (JAMES D. MORGAN / GETTY IMAGES ASIAPAC)

Ce rapprochement entre la France et l'Australie n’aurait pu avoir lieu sans une nouvelle donne politique en Australie avec le départ de Scott Morrison, Premier ministre libéral, viscéralement anti-Français, qui avait dupé l’Élysée et le constructeur Naval Group dans le dossier des sous-marins. Aujourd’hui, avec le nouveau chef de gouvernement australien, le travailliste Anthony Albanese, vainqueur des dernières législatives, Paris et Canberra veulent tourner la page de cette brouille historique.

Plusieurs dossiers et intérêts communs peuvent rapprocher les deux pays, comme le précise un communiqué de l’Élysée, avec d’abord l’urgence climatique. Ça tombe bien parce que l’Australie souhaite organiser avec plusieurs îles du Pacifique une nouvelle COP de l’Organisation des nations unies pour le climat. En retard dans sa politique environnementale, l’Australie affiche désormais des objectifs plus ambitieux en matière de lutte contre les gaz à effet de serre. Cette nouvelle volonté ne peut que réjouir la France, pays hôte du traité de Paris sur le climat. Et puis, entre Emmanuel Macron et Anthony Albanese, il y a des craintes partagées vis-à-vis des ambitions de la Chine dans la région indo-pacifique, une zone stratégique pour les deux pays.

L’onde de choc de la guerre en Ukraine

La guerre russo-ukrainienne a des répercussions aux quatre coins du globe. Les perturbations sur l’approvisionnement en blé pourraient provoquer des crises alimentaires. L’ONU évoque le nombre de 27 pays d’Afrique et du Moyen-Orient qui pourraient être impactés. Or, l’Australie, comme la France, est un grand producteur mondial de céréales. Le blé australien sera très utile et précieux, en particulier dans le cadre de l’initiative Food et Agriculture Resilience Mission (Farm) lancé au G7 et poussé par la France, visant à sécuriser le ravitaillement des pays affectés par l’arrêt des exportations russes et ukrainiennes.

Enfin, au moment où les prix du gaz et du pétrole s’envolent, l’Australie est un acteur clé du marché de l'énergie. Elle est, selon les années, le premier ou le second pays exportateur mondial de gaz naturel liquéfié. Forcément, dans cette période où la France et les Européens cherchent des alternatives au gaz et au pétrole russe, l’Australie est le pays qui pourrait se substituer en partie à Moscou. Bref, Paris et Canberra ont donc beaucoup de raisons pour refaire, main dans la main, un bout de chemin ensemble. 

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