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Le décryptage éco. SNCF : comment les syndicats envisagent la suite du mouvement de grève

Le conflit à la SNCF n’en finit plus. Vendredi, sur franceinfo, la CGT avait annoncé qu’elle comptait faire la grève cet été. Le décryptage de Fanny Guinochet.

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Manifestation de cheminots à Dijon (Bourgogne), le 25 mai 2018.
Manifestation de cheminots à Dijon (Bourgogne), le 25 mai 2018. (PHILIPPE RENAUD / RADIO FRANCE)

La grève en pointillés devait se terminer le 28 juin, mais le premier grand départ de vacances en juillet pourrait être touché car la CGT va proposer à l’intersyndicale qui se tient cette après-midi, mardi 19 juin, trois nouveaux jours de grève, les 2, 6 et 7 juillet prochains.

Même si les relations entre la CGT et Sud Cheminots sont tendues en ce moment, Sud va sûrement suivre cette proposition. Depuis le début, SUD veut mener un mouvement dur. En revanche, on ne voit pas les syndicats dit réformistes, c’est à dire la CFDT et l’Unsa qui représentent la moitié des suffrages, continuer le mouvement cet été.

Un climat tendu entre syndicats

Ces syndicats ont déjà levé le pied les jours du bac pour ne pas pénaliser les candidats. Mais ils n’ont pas réussi à convaincre l’intersyndicale, la semaine dernière, de stopper totalement le mouvement. L’intersyndicale s’était déroulée dans un climat tendu. Il y a des chances que la réunion de mardi soit tout aussi animée.

Est-ce que les cheminots vont suivre les consignes des syndicats ? Il y aura toujours des durs de dur pour continuer. Mais les troupes sont fatiguées par cette grève qui est une des plus longues, on en est déjà à 32 jours de débrayage.

Lundi, selon la direction de la SNCF, 11% d’agents SNCF avaient arrêté le travail, c’est le taux de grévistes le plus bas depuis le début du mouvement, le 3 avril. Mais attention, le taux de conducteurs grévistes était encore à presque à 44%. Ce qui est important, car ce sont les conducteurs qui font rouler les trains.

Un nouvel enjeu, la convention collective

Côté gouvernement, on s’attend de toute façon cet été à des perturbations sur certaines lignes et, surtout, on craint une forme de radicalité.  Est-ce que ce mouvement peut encore faire infléchir le gouvernement ? Cela semble compliqué, car la réforme a été adoptée au Parlement. Tout va se jouer maintenant dans la convention collective des cheminots qui va être négociée entre les syndicats, le gouvernement, et les représentants patronaux.

Les discussions ont commencé et vont durer plusieurs mois. C’est un peu la dernière possibilité pour les cheminots d’obtenir des garanties concernant leurs avantages, leurs conditions de travail, le déroulement des carrières, les modalités pour passer d’un métier à l’autre, etc.

Mais poursuivre la grève pour faire pression reste une stratégie risquée, au moins vis-à-vis de l’opinion. Dans un sondage paru ce week-end dans le JDD, à peine 37% des Français jugent encore la grève justifiée. Ce qui fait dire d’ailleurs à Elisabeth Borne, la ministre des transports, que cette grève est désormais uniquement politique.

Manifestation de cheminots à Dijon (Bourgogne), le 25 mai 2018.
Manifestation de cheminots à Dijon (Bourgogne), le 25 mai 2018. (PHILIPPE RENAUD / RADIO FRANCE)