Le décryptage éco. Evergrande : vers un Lehman Brothers chinois ?

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La faillite probable du promoteur chinois Evergrande, criblé de dettes, inquiète les investisseurs. Lundi 20 septembre, les marchés financiers étaient fébriles. Le décryptage de Fanny Guinochet.

Article rédigé par
Fanny Guinochet - franceinfo
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Une plaque de China Evergrande Centre au pied de son immeuble à Hong Kong  (KATHERINE CHENG / MAXPPP)

À la bourse de Paris, lundi 20 septembre, le CAC 40 a enregistré un repli qu’il n’avait pas connu depuis deux mois : 1,7% de baisse. Pareil à la bourse de Francfort, ou encore Hong Kong, où la journée a aussi été très agitée. À Wall Street, l’indice Dow Jones a connu sa pire séance depuis juillet. C’est le signe évident de la nervosité des investisseurs qui jugent que le risque de faillite d’Evergande se rapproche.

Jeudi 23 septembre, le groupe immobilier chinois doit faire face à des échéances de remboursement de dette. Elle s’élève à 260 milliards d’euros et même s’il affirme qu’il va l’honorer, il y a des doutes. Surtout que Pekin n’a pas l’intention d’intervenir et envisage de laisser couler le groupe. D’où le risque de répercussions importantes sur le système financier de la deuxième économie mondiale et le spectre d’un Lehman Brothers chinois, en référence à cette banque américaine qui a fait faillite en 2008, entraînant par effet de domino une crise financière mondiale. Dans ce contexte, les investisseurs préfèrent empocher sans attendre une part des bénéfices qu’ils ont accumulés ces derniers mois.

Les valeurs françaises pâtissent de ces remous. Surtout celles qui sont très présentes en Chine car si l’économie locale est fortement secouée, la consommation promet de ralentir. En d’autres termes, on vendra moins bien nos produits français. Hier, les champions tricolores du luxe Kering-Hermès-L’Oréal, LVMH, qui réalisent une bonne partie de leur chiffres en Asie, ont d’ailleurs enregistré des pertes. Idem pour la Société générale, BNP Paribas et Crédit agricole, qui ont affiché hier des baisses entre 4% et 6%.

Des craintes venues des États-Unis

Les milieux d’affaires scrutent aussi avec attention l’attitude de la Banque centrale américaine, où se tient aujourd’hui et demain une importante réunion. Ces derniers mois, elle a ouvert grand les vannes et inondé l’économie d’argent. Mais la réserve fédérale pourrait, cette fois, être moins généreuse, et ne pas relever le plafond de la dette américaine. Pour le gouvernement américain, c’est le risque de ne plus avoir les moyens de verser les salaires des fonctionnaires, de limiter les administrations. L’activité américaine serait alors forcément ralentie.

S'y ajoutent les tensions sur les matières premières, plus les menaces d’une éventuelle reprise de l’épidémie ici et là. Les nuages sur la croissance mondiale s’accumulent. Et le cocktail est suffisant pour inciter les investisseurs à faire preuve de prudence.

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