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Le décryptage éco. Euphorie boursière : vers un risque de krach ?

La bourse de Paris atteint des sommets. Ce mardi, le CAC 40, son indice phare, a réalisé une de ses meilleures performances, retrouvant le niveau de l’été 2007, avant la crise financière. Le décryptage éco de Fanny Guinochet

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La salle des marchés d\'Euronext à Paris
La salle des marchés d'Euronext à Paris (THOMAS PADILLA / MAXPPP)

C'est l'euphorie boursière. Ce mardi 6 avril, la Bourse de Paris et son indice phare, le CAC40, ont atteint leur plus haut niveau depuis 2007. Il faut dire que le contexte est porteur et les indicateurs sont bons. Ce mardi, le Fonds monétaire international (FMI) a relevé ses prévisions sur la croissance mondiale et table sur un rebond de 6 % cette année.

A Wall Street, un niveau jamais atteint depuis 1957

Aux États-Unis, le plan de relance pharaonique du président Biden dope l’économie. 900 000 emplois ont été créés rien qu’en mars. Les 2 200 milliards de dollars injectés rendent les marchés euphoriques. Au point que la semaine dernière, par exemple, à Wall Street, à New York, le S&P, l’indice qui regroupe les 500 plus grandes entreprises américaines cotées, a franchi la barre des 4 000 points. Un niveau jamais atteint depuis sa création, en 1957. 

Plusieurs pays européens commencent à assouplir les restrictions et la vaccination progresse un peu partout. L’activité repart et les marchés se projettent déjà dans l’après-crise, et parient une reprise solide de l’économie.

Une fièvre spéculative entretenue par l'ennui

Il existe pourtant un important décalage entre "l’économie réelle" et les marchés financiers. Il y a d'un côté des ménages en difficultés, sans emploi, ou au chômage partiel, ainsi que des entreprises fragilisées par la crise, sous perfusion d’aides d’État. De l'autre, ces marchés financiers brassent des milliards de dollars ou d’euros, dont une grande partie vient en fait des banques centrales, de façon un peu artificielle. Cette déconnexion est inquiétante.

Il y a beaucoup d’argent en ce moment sur les marchés et une fièvre spéculative particulière, entretenue par l’ennui. C’est un phénomène nouveau. Les bourses ont vu arriver, ces derniers mois, des milliers de particuliers coincés chez eux à cause de la pandémie, avec de l’épargne. Pour tuer le temps, ce personnes boursicotent depuis leurs ordinateurs. Ces investisseurs, qui sont beaucoup plus jeunes qu’avant, cherchent des valeurs risquées, rémunératrices, comme les crypto-monnaies, et notamment le bitcoin.

En conséquence, de nombreux actifs financiers complexes et peu sécurisés circulent. Cette surchauffe rappelle celle qu’on a connue avant la crise de 2008 ou lors de la bulle internet de 2000.

La salle des marchés d\'Euronext à Paris
La salle des marchés d'Euronext à Paris (THOMAS PADILLA / MAXPPP)