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Covid-19 : comment la Grèce, le Portugal et la Thaïlande se préparent au retour des touristes

Dans le club des correspondants, franceinfo passe les frontières pour voir ce qui se passe ailleurs dans le monde. Aujourd'hui, la future reprise du tourisme en Grèce, au Portugal et en Thaïlande.

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Une personne devant l\'Acropolis, à Athènes, en Grèce, le 1er avril 2021.
Une personne devant l'Acropolis, à Athènes, en Grèce, le 1er avril 2021. (LOUISA GOULIAMAKI / AFP)

Le tourisme est en berne au niveau mondial, à cause de l'épidémie de Covid-19. Si tous les pays espèrent pouvoir relancer ce secteur, tous n'optent pas pour la même stratégie. On vous emmène à Athènes, à Lisbonne et à Bangkok pour voir comment chaque gouvernement s'organise.

En Grèce, les touristes pas soumis aux mêmes règles que les habitants

La Grèce lève certaines mesures anti-Covid. Les petits commerces ouvrent leurs portes et le gouvernement se dit prêt à accueillir les touristes, mais le corps médical a des réserves, à cause des très mauvais chiffres de l'épidémie : 2 000 à 3 000 cas de contaminations et 60 à 80 morts par jour, des services de réanimation saturés et des hôpitaux à genoux, car le budget médical a été divisé par trois et n'a pas été revu à la hausse depuis la crise économique. De plus, le système d’octroi d'oxygène est arrivé à ses limites dans les hôpitaux. Pour une grande partie des médecins, le système médical ne suffit pas pour la population locale, donc il ne faudrait pas ajouter en plus le soin de touristes.

Officiellement, le pays ouvre ses portes aux visiteurs le 14 mai. Une grande partie des médecins disent ne pas savoir quelle sera la situation sanitaire dans six semaines, ils n'ont pas été consultés. Mais les touristes arrivent déjà, notamment en Crète. Le vaccin n'est pas obligatoire, il suffit qu'ils aient un test négatif ou des anticorps et il n'y a pas de quarantaine.

Là où le bât blesse pour les Grecs, c'est qu'eux sont obligés de signaler leur moindre déplacement via un sms aux autorités, ils ne peuvent pas se réunir à plus de sept. Ils ont trois heures une fois par jour pour faire leurs courses, alors que les touristes ne sont soumis à aucune de ces obligations. Les locaux estiment être victimes d'une politique de deux poids deux mesures. Ce qui n'empêche pas qu'ils sont d'accord avec le gouvernement : les touristes doivent venir, c'est une question de survie économique pour la plupart d'entre eux.

Au Portugal, trop tôt pour faire venir les touristes

Le Portugal a choisi d’imposer une quarantaine aux voyageurs venant de certains pays européens, dont la France, pour éviter une quatrième vague de Covid-19. Les Français, mais aussi les Italiens, les ressortissants des pays de l'Est, de Malte et de la Suède doivent observer 14 jours d'isolement s'ils posent un pied au Portugal, par air ou par terre. D’autres pays européens, parmi lesquels la Belgique et le Luxembourg, doivent justifier d'un motif essentiel pour venir. La mesure sera en place jusqu'au 15 avril.

Les autorités ne veulent pas de touristes pour le moment. Elles craignent une reprise de la pandémie, qui, pour l’instant, est maîtrisée. Mais le Portugal s'est fait très peur cet hiver, avec la quasi implosion de son service national de santé. Une conséquence en partie de la permissivité de Noël. Alors cette période de vacances est mise sous cloche. Ce lundi marque le début de la seconde phase du déconfinement, qui s'étalera jusqu’en mai. D'ici là, tout est suspendu au taux d’incidence. En cas de dépassement de 120 cas de coronavirus pour 100 000 habitants, le pays fera machine arrière.

Mais les conséquences sur le secteur touristique et sur l'économie sont lourdes. À Porto et dans le nord du Portugal, c’est l’absence des touristes espagnols qui se fait cruellement sentir. D'habitude, ils aiment venir en voisins pour les congés à cette époque. Mais on ne compte qu'à peine 10% d'occupation hôtelière. Au sud, dans la très touristique Algarve, les golfs qui d’habitude attirent les Nordiques sont désertés. Sans oublier l’absence des Britanniques, interdits de vols. Les réservations sont en chute de près de 90%. Le Portugal est l’un pays les plus touristico-dépendants en Europe : le secteur représentait 14% du PIB de la richesse du pays il y a deux ans.

En Thaïlande, une réouverture test sur l'île de Phuket

En Thaïlande aussi, on essaie de préparer le retour à la normale, ou presque. Le pays se propose de rouvrir aux touristes vaccinés l'île de Phuket, au sud du pays, à partir du 1er juillet. L'annonce a d'abord été saluée par les milieux d'affaires et les professionnels du tourisme, notamment dans le sud du pays, où se trouve l'île de Phuket. Le sud de la Thaïlande, qui vivait essentiellement du tourisme, est donc complètement sinistré depuis le début de la crise sanitaire.

Mais pour que ce projet pilote fonctionne, il faudrait aussi vacciner au moins 70% de la population de Phuket. Sauf que la logistique est loin d'être en place, même si les premières campagnes de vaccination ont démarré il y a quelques jours. Et c'est sans compter les centaines de milliers d’employés des hôtels et des restaurants, qui ne font pas officiellement partie de la population de Phuket et qui sont pour l’instant, faute de travail, repartis vivre dans d’autres provinces, mais qui sont une main-d'œuvre nécessaire pour faire repartir l'industrie du tourisme.

Pour l'ouverture aux touristes du reste du pays, tout dépend bien sûr du succès ou pas de "l’opération Phuket". D'ici là, dans le reste du pays, une quarantaine de 16 jours est toujours obligatoire, aux frais des touristes, pour au moins 1 000 euros. La quarantaine doit être réduite en ce mois d’avril à dix jours pour les touristes vaccinés. La Thaïlande compte en premier lieu attirer les touristes chinois et asiatiques et ne s’attend pas à une arrivée en masse des Européens avant les vacances de Noël prochain. Si tout se passe bien, le pays pourrait complètement rouvrir aux touristes vaccinés, sous réserve de la présentation d'un certificat, d’ici le 1er octobre 2021.

Une personne devant l\'Acropolis, à Athènes, en Grèce, le 1er avril 2021.
Une personne devant l'Acropolis, à Athènes, en Grèce, le 1er avril 2021. (LOUISA GOULIAMAKI / AFP)