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Le décryptage éco. Coronavirus : l'économie de la culture et des spectacles en danger ?

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Les concerts s'annulent, le secteur culturel craint de boire la tasse. Le décryptage de Fanny Guinochet ("L'Express").

Article rédigé par
Fanny Guinochet - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1 min.
Une salle de spectacle aux fauteuils vides. Photo d'illustration. (MAXPPP)

Le gouvernement interdit les rassemblements de plus 5 000 personnes en lieu clos pour éviter la propagation du virus. A Paris, l’AccorHotels Arena doit ainsi reporter 21 concerts à la suite de l’arrêté qui interdit les rassemblements de plus de 5 000 personnes à cause du Coronavirus Covid-19. Le monde du spectacle est catastrophé.

L’arrêté court jusqu’au 31 mai et il oblige toutes les grandes salles à s’organiser. En France, il y a près d’une centaine de salles qui peuvent accueillir plus de 5 000 personnes. L’AccorArena à Paris peut contenir jusqu’à 20 000 personnes, les Zénith de 6 000 à 12 000 selon les villes. Imaginez le casse-tête. Les directions essaient de reporter les spectacles à la rentrée mais faut-il encore que les artistes, les équipes soient disponibles. Bref, ça bouleverse toutes les tournées.

Toute la filière est concernée

Certains producteurs bloquent aussi le compteur billetterie à 4 900 places pour que le show soit maintenu. Quoiqu’il en soit, ce sont des millions d’euros à la clef qui s’envolent sans que les professionnels ne sachent bien comment ils vont être remboursés et s’ils vont l’être.

C’est tout un écosystème qui trinque. Derrière les concerts et les spectacles vivants, il y a les réservations d’hôtels, de transports, les restaurants, les bars, etc. On estime que le spectacle vivant en France, c’est 60 000 dates par an, 30 millions de spectateurs, 150 000 emplois qui génèrent 5 milliards d’euros. Et tous les territoires sont concernés. La plupart des métropoles ont leur Zénith, leur salle de concert.

Il y a aussi des craintes pour les festivals de printemps. À Cannes, on s’inquiète. Même quand les salles sont moins grandes, ou que les spectacles en plein air, il n'est pas sûr que les touristes étrangers puissent venir, et en plus avec cette épidémie, on n’a pas forcément envie de sortir. L’heure n’est pas à la fête.   

D’ailleurs, la fédération du secteur, le Prodiss, s’attend à des dégâts encore plus importants parce que le coronavirus arrive alors que la filière est déjà très fragilisée, On se rappelle des attentats, mais il y a aussi eu les "gilets jaunes" et les grèves de l’année dernière. Le coronavirus, c’est le coup de grâce.       

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