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Le décryptage éco. Le billet de 500 euros enterré avec 2018

Rares sont celles et ceux qui l’utilisent et c’en est bel et bien fini pour le billet de 500 euros. Son sort est réglé dès lundi. Un billet non populaire et très critiqué.

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Des billets de 500 euros.
Des billets de 500 euros. (MIGUEL MEDINA / AFP)

Lundi 31 décembre, c'est le dernier jour d'existence du billet de 500 euros. Quand cet abandon avait été annoncé par les autorités monétaires en 2016, le Financial Times avait très bien décrit la situation en écrivant que : "Les terroristes internationaux, les blanchisseurs d’argent et les acheteurs allemands de voitures allaient être obligés de revoir leur choix de devises."

Une image pour bien comprendre : 10 000 euros en coupures de 500 tiennent dans une enveloppe d’à peine trois millimètres d’épaisseur (20 billets). Pour référence, aux États-Unis, la plus grosse coupure autorisée depuis 1970 est le billet de 100 dollars.  

Nombre de billets en circulation  

Les billets de 500 euros représentent le tiers de la masse monétaire liquide en circulation dans l'Eurogroupe. Cela signifie que près de 600 millions de billets de 500 euros en circulation ne seront pas supprimés directement. Ils mourront de leur propre usure et seront retirés progressivement dès qu’ils seront utilisés. Les retirer de la circulation immédiatement provoquerait une ruée trop rapide et non maîtrisable sur des coupures plus petites. La Banque centrale européenne va émettre progressivement à partir du printemps des billets de 100 et 200 euros.  

Cette suppression des billets de 500 euros fait polémique notamment en Allemagne

Outre la boutade du Financial Times sur l’achat des voitures de luxe outre-Rhin, il y a un aspect purement psychologique. Les Allemands aiment le liquide, héritage de la frustration de deux régimes totalitaires : le nazisme en 1940 et l’ex-RDA jusqu’à la chute du mur de Berlin, en 1989. Mais les allemands vont devoir se faire une raison. Le billet est un moyen de transaction extrêmement coûteux à produire et organiser. On évalue le coût du système à environ un point de PIB de la France (environ 20 milliards d’euros). Des économies bienvenues pour nos finances publiques.  

Début de la fin des paiements en liquide ?

Nous en sommes encore très loin. Psychologiquement, qui est déjà totalement prêt pour les paiements par cartes ou autre moyen dématérialisé (téléphone portable) ? Les détracteurs des billets, économistes pour la plupart, estiment les coupures couteuses et ringardes. Ringardes sur le plan symbolique. Les billets ont longtemps marqué la puissance et la souveraineté d’un État. Que dire aujourd’hui de l’iconographie des billets (un pont, une tour) : images simplifiées, neutres, non politiques, pour ne choquer personne. Que l'on se rassure, les paiements en liquide ne sont pas encore totalement condamnés.

Des billets de 500 euros.
Des billets de 500 euros. (MIGUEL MEDINA / AFP)