Covid-19 :La Belgique, le Suède et la Bulgarie face à l'allègement des restrictions sanitaires

écouter (6min)

Dans le club des correspondants, franceinfo passe les frontières pour voir ce qui se passe ailleurs dans le monde. Aujourd'hui direction, la Belgique, la Suède et la Bulgarie, trois pays où la crise sanitaire est actuellement vécue différement. 

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min.
Des personnes sont attablées sans masque à une terrasse à Bruxelles en Belgique le 9 juin 2021.
 (DURSUN AYDEMIR / ANADOLU AGENCY)

Dès le lundi 4 octobre, les élèves d'école primaire pourront enlever le masque dans les départements français où le taux d'incidence du Covid-19 est retombé en dessous de 50 cas pour 100 000 habitants depuis au moins cinq jours. En Europe, plusieurs pays assouplissent également les règles, alors que la crise sanitaire semble enfin toucher à sa fin. Dans d'autres en revanche, le faible taux de vaccination et l'instabilité politique ralentissent la réelle sortie de crise.

En Belgique, une sortie de crise à deux vitesses

L'amélioration de la situation sanitaire n'est pas homogène en Belgique puisque la Wallonie et la Flandre s'en tirent mieux que la capitale. Cependant, la tendance est tout de même à l'allègement des restrictions. Une grande partie d'entre elles seront levées à partir de la fin de la semaine. Dès vendredi 1er octobre, les discothèques rouvriront leurs portes et il sera à nouveau possible de danser dans les bars dansants. Le port du masque ne sera plus obligatoire que dans les transports, les hôpitaux, et dans le cadre des professions de contact comme les salons de coiffure et de massage. On pourra en revanche à nouveau circuler à visage découvert dans les commerces et les cafés et restaurants ainsi que dans l'enseignement secondaire.

Dans ce contexte, la capitale Bruxelles est un cas particulier où le taux de vaccination est loin derrière la moyenne nationale. Dans la région bruxelloise, à peine 52% de la population est complètement vaccinée contre plus de 74% pour la Belgique. Cette situation va d'ailleurs empêcher l'assouplissement du port du masque dans Bruxelles. Vendredi 1er octobre, le gouvernement va même y introduire un pass sanitaire, baptisé en Belgique "safe ticket". A partir de cette date, il faudra le présenter pour se rendre dans les cafés et restaurants pour faire du sport, et assister à des événements sportifs ou culturels. Toutefois il n'y aura pas de sanction dans un premier temps car la mesure n'a pas encore été validée par le Conseil d'État.

En Suède, toutes les restrictions bientôt levées

Le gouvernement suédois a décidé de lever toutes les restrictions à partir de mercredi 29 septembre. Pour autant, cela ne va pas tellement changer le quotidien des habitants. En effet, la Suède a appliqué une politique un peu à part face à l’épidémie : aucun confinement et le port du masque a toujours été facultatif. Il y avait encore quelques restrictions mais pas très contraignantes. Par exemple dans les bars et les restaurants, il suffisait de maintenir un mètre de distance entre les groupes et de ne pas dépasser un maximum de huit personnes par table. Le principal changement est que les événements sportifs, les concerts, ne seront plus soumis à une jauge. On avait évoqué la possibilité de mettre en place un pass sanitaire pour y accéder mais l’idée a été abandonnée car le pays compte un très fort taux de vaccination : près de 80% des Suédois ont reçu les deux injections, avec un taux même supérieur chez les plus âgés.

Cela ne signifie pas pour autant que la vie quotidienne est revenue à la normale. En effet, si la Suède n’a pas imposé beaucoup d’obligations, elle a revanche multiplié les recommandations. Certaines restent en vigueur, comme celle de rester chez soi et de se tester au moindre symptôme. Il est aussi demandé aux non-vaccinés d’éviter les foules et les contacts en intérieur. Enfin les autorités de santé ont prévenu que tous ces allègements pourraient être remis en cause si la situation se détériorait, notamment à cause d’un nouveau variant.

En Bulgarie, la crise politique ralentit la sortie de crise sanitaire

La Bulgarie est la plus mauvaise élève d'Europe en termes de vaccination contre le Covid-19. Seul 15% de sa population a reçu deux doses de vaccin. Pourtant le pays a été durement touché par l'épidémie, et il continue d'en souffrir aujourd'hui même si la quatrième vague est moins violente que les autres. Actuellement en Bulgarie, la mortalité sur un million d'habitants est de loin la plus élevée au sein de l'UE. Les raisons de cette faible vaccination tiennent notamment à un scepticisme généralisé de la population et une méfiance profonde envers le gouvernement. Depuis le début de la pandémie, les mesures ont été plutôt laxistes, sans véritable confinement par exemple. L'ex-Premier ministre Boïko Borissov disait même que seuls ceux "qui ont peur porteront des masques." 

Outre la crise sanitaire, la Bulgarie connaît également une crise politique. Des élections législatives auront lieu en novembre, les troisièmes cette année car les partis n'arrivent pas à former un gouvernement. Cette crise entrave la lutte contre le pandémie et le virus s'invite régulièrement dans les débats. Les politiques s'accusent mutuellement de ne pas faire assez pour stimuler la vaccination et les gouvernements successifs tentent d'amadouer les restaurateurs mécontents qui veulent continuer à travailler comme si de rien n'était. Les employeurs du secteur maintiennent que les nouvelles mesures comme la fermeture des restaurants à 23 heures risquent de laisser des centaines de milliers de Bulgares sans emploi. Les primes Covid de 500 euros attribuées aux soignants en première ligne ont également été révisées à la baisse pour ceux qui ne sont pas en contact direct permanent avec des malades du Covid. 

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Le club des correspondants

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.