Covid-19 : le Syndicat général de l’Éducation nationale-CFDT se dit inquiet de la levée du port du masque pour les élèves du primaire

La secrétaire générale du syndicat Catherine Nave-Bekhti estime qu'il serait plus pertinent d'améliorer les "autres mesures barrières", et notamment "l'aération des salles de classes" avant de lever l'obligation de porter le masque à l'école.

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Radio France
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L'école primaire Joseph Néo de la commune d'Elne dans les Pyrénées-Orientales, rentrée des classes avec la mise en place d'un protocole très strict le 26 avril 2021. (JC MILHET / HANS LUCAS / AFP)

Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale du Syndicat général de l’Éducation nationale (SGEN-CFDT), s'est dite inquiète, mercredi 22 septembre sur franceinfo, de la décision du gouvernement de lever l'obligation du port du masque dans les écoles primaires des départements où le taux d'incidence se stabilise au-dessous du seuil de 50 pour 100 000 habitants. "Beaucoup d'épidémiologistes disent que les plus jeunes pourraient être le nouveau réservoir de l'épidémie", a-t-elle déclaré. Selon elle, "lever cette mesure barrière sans avoir amélioré les autres mesures barrières, et notamment la question de la ventilation et de l'aération des salles de classes, ce n'est pas une bonne chose." La mesure doit toutefois entrer en vigueur à partir du lundi 4 octobre.

franceinfo : Est-ce que vous vous attendiez à cette mesure ?

Catherine Nave-Bekhti : Nous n'attendions pas cette mesure puisque lundi après-midi, au ministère de l'Éducation nationale, on nous disait que le ministère ne plaidait pas pour une évolution du protocole avant les vacances de la Toussaint. Surtout, le taux d'incidence des plus jeunes, des moins de 10 ans notamment, est supérieur au taux d'incidence en population générale et dans les régions où le taux d'incidence est passé sous la barre des 50 pour 100 000, il reste supérieur à 50 pour 100 000 chez les moins de 10 ans. Il faut regarder de plus près, par tranche d'âge, avant de lever l'obligation du port du masque dans les écoles, d'autant que beaucoup d'épidémiologistes disent que les plus jeunes pourraient être le nouveau réservoir de l'épidémie.

Ce n'est pas une peur pour soi, c'est une crainte d'avoir un redémarrage de l'épidémie et de nouvelles fermetures de classes.

Catherine Nave-Bekhti

à franceinfo

Êtes-vous inquiète de cette décision ?

Il y a une inquiétude car tous et toutes ont bien compris que la vaccination protégeait très efficacement des formes graves mais qu'elle n'empêche pas totalement la circulation du virus. On a encore beaucoup de témoignages d'enseignants qui disent qu'il est difficile d'aérer correctement les classes et que la qualité de l'air dans les salles n'est pas suffisante au regard de la propagation possible du virus. Par ailleurs, les collègues qui commencent les mesures avec les capteurs de CO2 constatent qu'il faut ouvrir vraiment beaucoup dans certaines classes pour avoir la bonne aération, ce qui va être encore plus difficile avec l'évolution de la météo et l'arrivée de l'automne et de l'hiver.

Ce n'est pas une bonne nouvelle pour les enfants ?

Pour les enfants, cela peut sembler être une bonne nouvelle, parce que porter le masque c'est contraignant, ce n'est pas agréable. Cependant, la question c'est celle de la priorité. Lever cette mesure barrière sans avoir amélioré les autres mesures barrières, et notamment la question de la ventilation et de l'aération des salles de classe, ce n'est pas une bonne chose.

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