Inflation : les collectivités appellent à l'aide, mais l'Etat ferme la porte

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Confrontées à une inflation des prix de l'énergie, les collectivités locales appellent à l'aide. Pour l'heure, l'État refuse et laisse entendre qu'elles ont déjà suffisamment de soutiens. Le brief politique de Jean-Rémi Baudot.

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Radio France
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Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, après le Conseil des ministres à l'Elysée à Paris, le 26 septembre 2022. (EMMANUEL DUNAND / AFP)

La tension monte entre les collectivités et l'Etat... La cause principale de ces tensions : la hausse du prix de l’énergie. On a beaucoup parlé des piscines avec des charges en hausse de millions d’euros, mais les mêmes inquiétudes planent sur les gymnases ou les bibliothèques. Avec, à la fin, le risque d'avoir moins de services publics pour les citoyens. Si les collectivités locales ont droit à un bouclier tarifaire, il ne concerne que les toutes petites mairies avec moins de dix salariés ou avec un budget de moins de deux millions d'euros. Cela représente 2/3 des communes mais, en général, les installations gourmandes en énergie ne sont pas dans ces petites villes.

D’où le cri d’alarme des associations d’élus qui ont des sueurs froides à mesure que les factures arrivent. Comme vous le révélait franceinfo, elles ont écrit à Matignon pour réclamer un bouclier tarifaire pour tous 

La colère et le désarroi des maires 

L’Etat rétorque que les aides sont déjà là, nombreuses. En coulisses, des conseillers listent plusieurs centaines de millions d’euros dans le prochain budget pour soutenir les collectivités. Face à la gronde, parfois bruyante des élus, certains services de l’État semblent organiser un contre-feu médiatique. Depuis plusieurs semaines, sortent dans la presse des notes confidentielles qui affirment que les communes, départements et régions seraient plus riches que prévu. "J’ai fait des bons quand j’ai découvert ces études. On n’a plus de gras...", confie à franceinfo le président d’un grand département, stupéfait.

Dans une boucle WhatsApp d’élus de région parisienne que nous avons pu consulter, certains maires s’alarment de hausses de tarifs d’énergie jusqu’à 500%. Beaucoup expriment de la colère et du désarroi.

Le gouvernement réclame une meilleure gestion de la part des collectivités

Côté gouvernement, la réponse est, pour l'instant, négative. Un ministre, pourtant proche des préoccupations de terrain, se fait même tranchant sur le sujet : "Regardez combien de ronds-points ont fait les communes qui râlent pour leur piscine", explique-t-il, avant de réclamer une meilleure gestion des investissements locaux. 

Il y a, au sein de l’exécutif, l'idée que les collectivités réclament toujours plus d’autonomie et toujours plus l’argent. Un conseiller dénonce de la "petite politique". Bref, l’heure n’est pas vraiment au dialogue. Selon nos informations, Matignon doit répondre aux courriers des associations d’élus. On verra si cela apaise les tensions. Le prochain congrès des départements est prévu mi-octobre à Agen. 

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