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Face aux "casserolades", les ministres invités à ne maintenir que les déplacements utiles

Face à la multiplication des manifestations, l'éxécutif s'inquiète notamment de la fatigue des forces de l'ordre mobilisées pour la sécurisation. Le brief politique d'Audrey Tison.
Article rédigé par franceinfo, Audrey Tison
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Des manifestants avec une casserole à la main, dans un rassemblement à Paris, le 17 avril 2023. (EDOUARD MONFRAIS-ALBERTINI / HANS LUCAS)

Plus un déplacement du président ou de ministre sans ses manifestants munis de casseroles. Matignon demande aux ministres de ne maintenir que les déplacements "utiles", tout en restant présents sur le terrain. 

>> Casserolades : qui sont les manifestants qui suivent le président de la République et les membres du gouvernement en tapant sur des casseroles ?

Il y a quelques jours, les différents chefs de cabinet, qui coordonnent la logistique autour des ministres, se sont réunis pour leur point hebdomadaire à Matignon. On leur a rappelé les consignes de sécurité et demandé de bien mesurer s'il est nécessaire de faire tel ou tel déplacement : s'agit-il de rencontrer des interlocuteurs de leur secteur ou de défendre une mesure précise ? Sinon, ça n'est peut-être pas indispensable.

"On ne va pas se claquemurer"

Le problème, "ce n'est pas tellement qu'on a peur des casseroles, c'est que cela mobilise les forces de l'ordre pour sécuriser", précise un conseiller. Ce dispositif est mis en place par les préfectures, et c'est pour cela qu'elles prennent d'ailleurs des arrêtés pour tenter de limiter les débordements. 

De leur côté, "Le gouvernement est au travail", répètent les ministres. "Il ne faut pas que ça nous empêche d'aller sur le terrain, faut que ça avance !", lance une secrétaire d'Etat, alors qu'elle confirme le report d'un de ses déplacements pour  "ne pas mettre en difficulté les policiers". Même discours autour de Pap Ndiaye, le ministre qui a connu l'une des visites les plus agitées à Lyon. Son cabinet décrit un ministre "déterminé à aller sur terrain", avant de glisser "On ne va pas se claquemurer". Mais quand on essaie de demander où et quand aura lieu la prochaine visite : pas de réponse.

"Compliqué de prendre la parole sur d'autres sujets"

Si les ministres sont demandeurs de faire du terrain, c’est d'abord parce qu'ils ont entendu la consigne présidentielle : les réformes, il faut les défendre. L’autre raison, c’est qu'ils entrevoient enfin une fenêtre de tir : jusqu'ici, c'était "compliqué de prendre la parole sur d'autres sujets" que les retraites, souligne une secrétaire d'Etat.

Une de ses collègues confirme : "Il était temps de clôturer les retraites, pour qu'on ait un peu de bande passante" sur nos dossiers, c’est-à-dire du temps d'attention de la part des médias. Elle veut croire que la musique des casseroles se calmera après la grande manifestation du 1er mai, notamment parce qu'il y aura des longs week-ends et des ponts.

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