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Le brief éco. La Deutsche Bank veut sortir de l’ornière

D'ici 2022, la première banque allemande va supprimer 18 000 emplois, soit 20% de ses effectifs. C’est le plus grand plan de restructuration de l'histoire de la Deutsche Bank.

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Un batiment de la Deutsche Bank.
Un batiment de la Deutsche Bank. (EMMANUEL DUNAND / AFP)

La première banque allemande va supprimer 18 000 emplois d’ici 2022. L’annonce a été faite lors d’un conseil de surveillance qui s’est réuni dimanche 7 juillet. Cela représente 20 % de ses effectifs. C’est le plus grand plan de restructuration de son histoire

Aux grands maux les grands remèdes. Les perspectives ne sont pas bonnes. La Deutsche Bank s’attend à perdre 2,8 milliards d’euros sur le deuxième trimestre de l’exercice en cours. La banque d’investissement (celle qui prête aux entreprises) plombe l’ensemble des résultats. Ajouté à cela les taux d’intérêt très bas qui font que la banque voit ses marges réduites sur l’argent qu’elle prête à ses clients. Il se dit que la banque française BNP Paribas pourrait reprendre une partie des activités et des salariés allemands. Valorisée aujourd’hui 15 milliards d’euros, la Deutsche Bank – qui a abandonné son projet de rapprochement avec la Commerzbank il y a quelques semaines – est devenue une proie facile pour une OPA d’un groupe étranger.

Bombe à retardement

La Deutsche Bank, une des premières banques de la planète, souffre de la numérisation des services bancaires. Mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. La partie immergée, c’est l’établissement qui n’a pas réussi à se remettre de la crise et a trop souffert d’une gestion calamiteuse, visée par des enquêtes en Italie pour manipulation de marché. Dans un rapport publié il y a à peine trois ans, le Fonds monétaire international estimait que, vu les liens qu’elle entretient avec les autres grandes banques mondiales, la Deutsche Bank représente le principal facteur de risque pour le système financier dans son ensemble. Et on comprend pourquoi : Deutsche Bank fait trois fois la taille de Lehman Brothers, qui rappelle de très mauvais souvenirs avec la crise de 2008. Et il y a peu de temps encore, son exposition aux produits dérivés était égale à seize fois le PIB de l’Allemagne. Une bombe à retardement.

"Bad bank"



Pour nettoyer les comptes, la direction de la Deutsch Bank va créer ce que l’on appelle une "bad bank", littéralement une mauvaise banque, pour y loger 74 milliards d’euros d’actifs jugés très risqués comme des produits dérivés très spéculatifs. Cette somme va sortir des comptes officiels. L’autre souci de l’Allemagne, c’est qu’il y a trop de banques dans le pays. Il faut donc rationaliser le secteur. Beaucoup d’efforts ont été faits, et de résultats obtenus, par les autorités de régulation financière depuis la crise. Mais c’est la morale de l’histoire : le système bancaire européen, à défaut d’être fragile, reste vulnérable.

Un batiment de la Deutsche Bank.
Un batiment de la Deutsche Bank. (EMMANUEL DUNAND / AFP)