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Le brief éco. Embrouillamini autour de la LGV Lyon-Turin

Vives tensions entre l’Italie et la France. La ligne ferroviaire grande vitesse entre Lyon et Turin est au coeur des débats.

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Le tunnel en construction de la future ligne ferroviaire Lyon-Turin, le 29 novembre 2018.
Le tunnel en construction de la future ligne ferroviaire Lyon-Turin, le 29 novembre 2018. (MARCO BERTORELLO / AFP)

La ligne ferroviaire grande vitesse entre Lyon et Turin verra- t-elle le jour ? Alors que les appels d’offre pour la poursuite des travaux doivent être lancés lundi 11 mars, la coalition populiste au pouvoir à Rome est plus que jamais divisée sur la question, ce qui alimente de vives tensions entre l’Italie et la France.  

Vieux de plusieurs dizaines d’années, le projet LGV entre Lyon et Turin vise à désengorger la Vallée du Rhône avec, notamment un tunnel d’une soixantaine de kilomètres entre Saint-Jean-de-Maurienne et la ville de Suse, en Italie. Un gigantesque projet à neuf milliards d’euros (uniquement pour ce qui est du tunnel transfrontalier) dont les travaux sous les Alpes ont déjà largement commencé, mais qui divise en Italie jusqu’au plus haut sommet de l’Etat. La coalition populiste au pouvoir à Rome est au bord de l’implosion sur ce dossier : la Ligue, ancrée dans le Nord de l’Italie et proche de ses entreprises, est très favorable à cette nouvelle infrastructure, estimant qu’elle est source de développement et d’emplois. Mais le Mouvement 5 Etoiles, lui, parle d’un immense gaspillage d’argent public.  

Le chef du gouvernement, Giuseppe Conte, essaie de ménager la chèvre et le chou 

Jeudi dernier, on a frôlé le clash quand Giuseppe Conte a appelé Paris et Bruxelles à rediscuter. La ministre française des Transports, Elisabeth Borne, était immédiatement montée au créneau pour réaffirmer le soutien de Paris à ce projet de liaison ferroviaire pour développer les échanges entre la France et l'Italie. Miracle : dans la nuit de samedi à dimanche, Giuseppe Conte  a pondu un texte qui permet de sortir de l’impasse. Une "acrobatie juridique" aux yeux de la presse italienne.  

Poursuite des travaux 

Les avis de marchés (étape préliminaire aux appels d’offres) vont pouvoir être lancés aujourd'hui pour les travaux relatifs à la partie française du tunnel transfrontalier. Cela permet d'éviter de perdre 300 millions d'euros versés par la Commission européenne. Le dispositif donne également un délai de six mois à l’Italie pour rediscuter du projet avant un engament ferme. Autant dire que l’on n’a pas fini d’en entendre parler. Va-t-on vers un scandale politico-industriel franco-italien ? Probablement pas, mais l’Italie souhaite notamment revoir la répartition du financement de la ligne dont le coût total de quelque 27 milliards d’euros (supporté à 40% par l’Europe, 35% par l’Italie et 25% par la France). Sans compter la position de la SNCF qui, en coulisses, laisse entendre que cette ligne ne serait pas rentable à terme. Sacré imbroglio. 

Le tunnel en construction de la future ligne ferroviaire Lyon-Turin, le 29 novembre 2018.
Le tunnel en construction de la future ligne ferroviaire Lyon-Turin, le 29 novembre 2018. (MARCO BERTORELLO / AFP)