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Le brief éco. Coup de blues pour Nokia

L’équipementier télephonique finlandais a plongé de plus de 20% à la bourse d’Helsinki. Du jamais vu depuis trente ans pour ce groupe, qui fut pourtant l’un des pionniers de la télephonie mobile.

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Le site Nokia à Nozay (Essonne).
Le site Nokia à Nozay (Essonne). (THOMAS SAMSON / AFP)

C’était à la fin de l’année 2000 : le Nokia 3310. Qui ne se souvient pas de ce petit portable robuste, aux angles arrondis, pourvu simplement de quelques touches numérotées et d'un écran de deux centimètres sur trois, non tactile ? Toute une époque. Et rien ne va plus pour la marque finlandaise spécialisée en téléphonie mobile. Nokia doit revoir à la baisse ses perspectives pour 2019 et 2020 et son cours à la bourse d'Helsinki a plongé de plus de 20%, jeudi 24 octobre.

Le Nokia version 2019 ne ressemble plus à son ancêtre et les clients sont toujours là. Après un premier semestre un peu compliqué, le groupe est repassé dans le vert au troisième trimestre avec un chiffre d’affaires proche de six milliards d’euros, en légère hausse. Le problème de Nokia se situe sur le terrain technologique. La marque est dépassée par ses concurrents sur la 5G, la nouvelle génération d’internet très haut débit qui va nous offrir plus de rapidité pour télécharger nos films et jouer aux jeux vidéo en ligne.

Concurrence de plus en plus vive

La bataille se joue avec le suédois Ericsson et le chinois Huawei. Les retards de déploiement de la 5G, et l’intensification de la concurrence, pèsent sur les performances du finlandais, qui doit investir lourdement. Il y a une forte pression sur les marges bénéficiaires. Du coup, l’opérateur doit revoir à la baisse ses perspectives pour l’ensemble de l’exercice 2019 et celui de 2020.

Nokia n’est pas le seul touché. Tous les opérateurs se blindent face à la concurrence galopante dans la 5G. Aux Etats-Unis, Sprint et T-Mobile veulent fusionner pour être plus forts à deux. Nous assistons aussi à une concentration en Chine. Cela n’est pas bon pour le carnet de commande de Nokia qui va devoir investir encore plus et probablement s’orienter vers de nouvelles économies, ou au moins poursuivre sans faillir le programme de réduction des dépenses. Dire que Nokia fabriquait déjà des téléphones portables à une époque où Samsung et Apple n’y pensaient même pas... L'iPhone d'Apple est né en 2007, le Samsung Galaxy en 2009.

Le site Nokia à Nozay (Essonne).
Le site Nokia à Nozay (Essonne). (THOMAS SAMSON / AFP)