Crise énergétique : l’Allemagne nationalise à tour de bras dans le secteur de l’énergie

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Berlin a annoncé la nationalisation de la filiale allemande du russe Gazprom. Une opération d’envergure destinée à garantir à l’Allemagne son approvisionnement en gaz, en plein bras de fer entre Moscou et les pays occidentaux.

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Radio France
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Le logo de Gazprom au siège social de l'entreprise à Berlin (Allemagne). (AFP)

C’est une entreprise surendettée que l’État reprend en main. L'Etat allemand a annoncé lundi 14 novembre la nationalisation de la filiale allemande du géant russe Gazprom. En réalité, le fournisseur de gaz est déjà administré par l’Allemagne depuis avril, deux mois après le début de la guerre en Ukraine. Moscou avait alors retiré tous ses actifs placés dans cette filiale, la laissant à la merci d’un repreneur inconnu, ou courir le risque d’être tout simplement liquidée. Hors de question pour les allemands de laisser brader cette carte stratégique. Autrefois appelée Gazprom-Germania, la société contrôle toujours 14% de l’approvisionnement du pays en gaz.

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Ce n’est pas la première opération de nationalisation de la part de l’Allemagne dans le secteur. C'est le troisième groupe énergétique de premier plan sauvé de la noyade en l’espace de quelques mois. Avant Gazprom-Germania renflouée grâce à douze milliards d’euros de prêts publics, il y a eu le sauvetage d’Uniper, bien allemande cette fois, mais asphyxiée par les coupures de gaz russe. Un sauvetage à 30 milliards d’euros pour le contribuable allemand. Pratiquement en même temps, l’État mettait sous tutelle Rosneft Allemagne.

Avec l’aval de Bruxelles

Visiblement, il n’y a pas de problèmes anticoncurrentiels aux yeux de la Commission européenne, qui vient même d’accorder à l’Allemagne la possibilité de dégager une aide d’État de 226 millions d’euros pour boucler les opérations.

D’où vient cet argent ? Du méga plan de soutien de 200 milliards d’euros décidé début octobre par l’État allemand pour protéger son économie. Un plan unilatéral que la majorité des capitales européennes qualifie d’"égoïste". Une Allemagne qui s’aide elle-même à surmonter la crise à grand renfort d’argent face à d’autres pays qui ne le peuvent pas forcément faute de moyens. Les critiques n’ont pas fini de pleuvoir sur le Chancelier allemand, Olaf Scholz, qui prouve une fois de plus ses capacités à faire le dos rond pour se protéger, lui et les siens, pendant les tempêtes.

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