Paris 2024 : les orages, derniers obstacles à la baignabilité de la Seine

Une compétition de natation qui devait servir de test à un an des Jeu olympiques a été annulée le week-end du samedi 5 et dimanche 6 août suite aux fortes pluies. Mais le fleuve devrait être baignable à partir des JO 2024.
Article rédigé par France Info, Bérengère Bonte
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
La Seine à Paris. (JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT / RADIO FRANCE)

Si l’on en croit la mairie de Paris, alors que la compétition de natation en eau libre a été annulée la veille, l’eau de la Seine est redevenue baignable, dimanche 6 août au matin. Cela s'est effectivement joué à quelques heures. L'annulation a été décidée sur la base d'une analyse de la bactérie Escherichia Coli de samedi 5 août. En microbiologie, cela se mesure en UFC, Unité formant colonie, et la concentration était de 1 300 UFC/100ml au lieu de 1 000. Le seuil fixé par les scientifiques et repris par la Fédération internationale de natation. La faute aux fortes pluies. Mais de fait, dimanche matin, le taux était repassé sous les 1 000.

En eau douce comme en mer, la règlementation européenne de 2006 impose de surveiller de près deux bactéries qui indiquent une contamination fécale, humaine ou animale : l'Escherichia Coli donc, et les entérocoques intestinaux  avec un risque sérieux de gastro-entérite, infection urinaire ou méningite. Le principal ennemi ce sont les orages, certaines stations d'épuration n'ont pas le temps de filtrer toute l'eau qui arrive et la pluie ruisselle aussi sur des terrains contaminés par les animaux. À Paris, cela fait 100 ans que cette baignade est interdite, même si certains y sont allés jusque dans les années 50 et que Jacques Chirac avait promis d'y plonger en 1988.

Être prêt pour l'été prochain

Pour qu'elle redevienne baignable d'ici l'été prochain, de nombreux travaux ont été effectués et vont encore l’être. Évidemment les Jeux olympiques ont accéléré le mouvement entamé il y a plus de 30 ans : la construction de quatre énormes collecteurs dont celui d'Austerlitz. Le raccordement des péniches au réseau d'assainissement, de nouveaux filtres de polluants dans les stations d'épuration ou encore la désimperméabilisation des sols pour que l'eau s'infiltre plus facilement. Si on écoute l'une des microbiologistes qui conseille les pouvoirs publics, Fabienne Petit, ce devrait être prêt l'été prochain. Au pire, dit-elle, en cas de grosses pluies, on décalerait l'épreuve olympique de 24 heures.

Pour les JO comme pour toute baignade ponctuelle, c'est le préfet qui donne le feu vert après avis de l'Agence régionale de la Santé (ARS) d'Île-de-France. Qui devrait normalement profiter de nouvelles sondes permettant des mesures instantanées, ce qui évitera les 24 heures d’attente qui ont entraîné l’annulation du week-end dernier. Trois sites de baignades testés depuis quatre ans devraient aussi devenir pérennes, à l'Hôtel de Ville, Grenelle et Bibliothèque François Mitterrand, en plus du bassin de la Villette où l'on se baigne déjà. Dans toutes les régions, vous pouvez consulter l’ARS sur leur site.

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