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Le billet vert. La Picardie accueille la plus grande ferme à insectes du monde

Cette ferme à insecte représente une surface de cinq hectares. L'élevage ressemble plus à un entrepôt logistique qu'à une grange entourée de champs.

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Elevage de larves de Ténébrio Molitor à Saint-Ignat (Puy-de-Dôme). Photo d\'illustration.
Elevage de larves de Ténébrio Molitor à Saint-Ignat (Puy-de-Dôme). Photo d'illustration. (CLAUDIE HAMON / FRANCE-BLEU PAYS D’AUVERGNE / RADIO FRANCE)

La société Innovafeed ouvre la plus grande ferme à insectes du monde à Nesle, dans la Somme, le mois prochain. Au Salon de l'agriculture, mercredi, elle va faire le bilan de son partenariat avec Auchan et surtout présenter ses perspectives d'avenir pour nourrir les animaux d'élevage.

Sur une surface de cinq hectares, cet élevage ressemble plus à un entrepôt logistique qu'à une grange entourée de champs. À l'intérieur pas de veau, de vache ou de cochon dans leur box mais des containers métalliques remplis de déchets agricoles, des résidus de betteraves, de l'amidon de maïs dans lesquels grouillent des millions de larves de mouche noire soldat. Il n'y a pas d'agriculteurs en bottes non plus dans cet élevage, mais des techniciens qui surveillent un processus industriel très robotisé puisque le but est de récolter 20 000 œufs de mouches par seconde. Cette technologie mise au point par la société Innovafeed va dès le mois prochain permettre la production de 10 000 tonnes de farines d'insectes par an sur son site de Nesle.

Des farines d'insectes pour l'alimentation animale

Même si d'autres sociétés se sont lancées dans l'élevage d'insectes pour des biscuits, la plupart des acteurs comme Innovafeed penche plutôt sur l'alimentation animale. Depuis un an, ses farines nourrissent des truites d'élevage vendues dans les supermarchés Auchan. Aujourd'hui, un poisson sur deux que nous consommons vient de l'élevage alors qu'il y a 20 ans c'était un sur cinq. Pour nourrir ces nombreux poissons d'élevage, on pêche de plus en plus de petits poissons ou du krill dans les océans au point même de les vider. Pourtant, on pourrait aussi les nourrir avec des mouches ou des vers puisque c’est qu’ils font dans la nature. Cette nouvelle source d'alimentation avec des farines d'insectes peut avoir un impact très positif sur notre biodiversité marine.

Une évolution de la règlementation européenne

Pour l'instant, ces élévages à insectes ont levé beaucoup de fonds mais ils n'ont pas encore prouvé leur rentabilité. Ils cherchent donc d'autres débouchés comme celui de nourrir les volailles. Aujourd'hui, nous nourrissons nos poulets d'élevage principalement avec du soja venu d'Amérique du sud où son expansion a contribué à la déforestation de l'Amazonie. Pour l'instant, la règlementation européenne n'autorise pas à nourrir les volailles avec des farines d'insectes. Depuis le scandale de la vache folle, l'Europe a interdit les farines animales. Mais là aussi dans la nature, les volatiles se nourrissent d'insectes, une évolution de règlementation serait donc bénéfique à la société Innovafeed comme à ses concurrents pour développer leur activité. Et si au final cela aidait aussi l'Amazonie ?

Elevage de larves de Ténébrio Molitor à Saint-Ignat (Puy-de-Dôme). Photo d\'illustration.
Elevage de larves de Ténébrio Molitor à Saint-Ignat (Puy-de-Dôme). Photo d'illustration. (CLAUDIE HAMON / FRANCE-BLEU PAYS D’AUVERGNE / RADIO FRANCE)