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Covid-19 : et si le pangolin n’y était pour rien ?

Les chercheurs ont peut-être accusé un peu trop vite le pangolin d’être à l’origine de la pandémie qui a débuté à Wuhan en Chine fin décembre 2019. Ce petit mammifère à écailles est de plus en plus disculpé par des études scientifiques. 

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Un pangolin, au Vietnam. Photo d\'illustration.
Un pangolin, au Vietnam. Photo d'illustration. (MANAN VATSYAYANA / AFP)

Ce qui reste quasi-certain, c’est que la chauve-souris est à l’origine de tout. Le génome du virus du Sras-CoV-2 est à 96% le même que celui d’une espèce de chauve-souris. La chauve-souris est un réservoir animal naturel. Les coronavirus précédents en étaient déjà issus.

Mais aucun coronavirus n’a jamais été transmis directement par la chauve-souris à l’homme, ou en tout cas ça n’a jamais été démontré. Il faut donc un intermédiaire. Et c’est là qu’on a un peu trop vite accusé le pangolin, selon une étude française. Les chercheurs ont comparé la séquence du génome du virus chez des pangolins infectés avec celle qui circule chez l’homme et elles ne sont identiques qu’à 89%. C’est trop peu. Par exemple pour le Sras au début des années 2000, les séquences du génome étaient identiques à 99,5% avec la civette. Il n’y avait là aucun doute possible.

Une erreur de laboratoire ?

Comment le virus a-t-il donc pu acquérir son potentiel épidémique, et au sein de quelle espèce ? Les scientifiques ont beau chercher parmi les animaux vendus sur le marché de Wuhan, en Chine, le foyer de l’épidémie, cela reste un mystère. Cela pourrait résulter d’une erreur de laboratoire. Un coronavirus aurait pu s’adapter à une autre espèce d’animal en laboratoire avant d’en sortir accidentellement. "Ce n’est pas du complotisme, explique aujourd’hui Etienne Decroly, chercheur au CNRS, tant qu’on n’aura pas la réponse, c’est une hypothèse parmi d’autres". Et pour savoir, pour connaître la genèse, selon lui, il faut davantage collecter d’échantillons sur des animaux sauvages ou domestiques

Car il est important de retrouver l’origine de ce virus. Des épidémies, des pandémies, nous risquons à l’avenir d’en vivre d’autres. Des experts de l’ONU ont alerté ce jeudi. Avec le changement climatique, avec la destruction de la biodiversité par l’homme, les contacts entre les animaux sauvages (les chauves-souris par exemple) et les animaux domestiques vont augmenter, et de nouveaux virus risquent d’émerger. Essayer de comprendre dès maintenant comment ces virus se transmettent à l’homme ferait gagner du temps sur les prochaines épidémies.
 

Un pangolin, au Vietnam. Photo d\'illustration.
Un pangolin, au Vietnam. Photo d'illustration. (MANAN VATSYAYANA / AFP)