Le billet vert, France info

Le billet vert. Coronavirus : les liaisons dangereuses entre l'homme et la faune sauvage

La Chine est un pays régulièrement pointé du doigt comme trafiquant de faune sauvage. Un trafic très lucratif qui peut être le vecteur du coronavirus. 

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Une civette en cage sur le marché de Wuhan en Chine. Photo d\'illustration.
Une civette en cage sur le marché de Wuhan en Chine. Photo d'illustration. (STR / AFP)

La Chine vient d’interdire la consommation d’animaux sauvages pour limiter la propagation du coronavirus. Il faut dire que l’épidémie a débuté sur un marché de Wuhan, où l’on vendait toutes sortes d’animaux.

Ce marché aux fruits de mer de Huanan, dans la ville de Wuhan, ne vendait pas que du poisson mais aussi des rats, des renards, des crocodiles, des salamandres, des serpents. Selon certains médias chinois, il y avait aussi de la vente illégale d’espèces sauvages comme des civettes, de petits carnivores qui ressemblent à des belettes, et des chauves-souris, encore prisées par certains consommateurs pour leur viande.

Les chauve-souris, "réservoir à virus"

Ces animaux étaient déjà à l'origine de l’épidémie de Sras, syndrome respiratoire aiguë sévère, en 2002. Le virus avait tué 650 personnes en Chine, à l'époque. C’est parce qu’il est passé de la chauve-souris, réservoir de nombreux virus, à la civette, vendue sur les marchés chinois, qu’il s'est ensuite transmis à l’homme. Pourtant la civette, tuée et cuite, ne transmet pas le virus. Attraper et abattre l'animal comporte en revanche des risques de transmission pour les hommes et les autres animaux qui seraient en contact avec celui-ci dans des cages par exemple. Il y a des traditions qui ont la peau dure en Chine; comme celle d'acheter l’animal vivant avant de le consommer. Pourtant, les autorités chinoises ont interdit la consommation de civette depuis de nombreuses années. Visiblement le message a encore du mal à passer. Après l'épidémie, des chercheurs chinois avaient interrogé plusieurs centaines d’habitants et 10% d’entre eux consommaient toujours des civettes malgré les risques parce qu'ils trouvent sa viande bonne et originale. 

Renforcer la lutte contre le trafic, plutôt qu'éliminer les animaux sauvages

Si l'abattage des animaux d'élevage en cas d'épizootie et d'épidémie est préconisé, éliminer les animaux sauvages porteurs du virus n'est pas simple à mettre en place et pas forcément la meilleure des solutions. D’abord parce qu’on ne sait pas toujours qui est le coupable : la civette ? la chauve-souris ? Pour la grippe aviaire, en 1997, les oiseaux migrateurs avaient été d’abord accusés alors qu’en fait il s’agissait de poussins en provenance d’élevage chinois. Éliminer toute une espèce au delà de questions éthique n'est pas aisé et peut être contreproductif. En Angleterre, pour limiter l’épidémie de tuberculose bovine, le gouvernement voulait éliminer les blaireaux dans les zones d'élevage pour éviter qu’ils ne contaminent les vaches dans les champs. Mais après en avoir abattu un certain nombre, les chercheurs se sont aperçus que les spécimens restants se réfugiaient dans les zones voisines, qu'ils étaient encore plus porteurs du virus que leurs ainés et qu'ils pouvaient répandre encore plus la maladie. En biologie, on est parfois surpris par la capacité des virus à muter et à choisir d’autres hôtes. Lutter contre le trafic d’espèces sauvage semble pour l’instant le plus efficace. En particulier en Chine, le pays est régulièrement pointé du doigt comme destination finale de ce trafic très lucratif qui se place juste après celui des armes et de la drogue. 

Une civette en cage sur le marché de Wuhan en Chine. Photo d\'illustration.
Une civette en cage sur le marché de Wuhan en Chine. Photo d'illustration. (STR / AFP)