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Covid-19 : que sait-on des clusters dans les bars et les restaurants ?

C’est une mesure qui a du mal à passer. La fermeture, à partir de 22 heures lundi, des bars dans onze métropoles et depuis hier soir, fermeture totale pour les débits de boissons à Aix-Marseille et en Guadeloupe. Mais se contamine-t-on vraiment en allant boire un verre, aujourd’hui ? 

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Une terrasse de bar dans Paris.
Une terrasse de bar dans Paris. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

Il est difficile de voir dans les statistiques de Santé Publique France la part des contaminations qui ont lieu dans les bars et les restaurants. Selon des statistiques sur les clusters publiées vendredi dernier, un tiers se passent en milieu scolaire et universitaire, ensuite ce sont les entreprises qui représentent un quart des quelque 900 foyers de contaminations en cours d'investigation. 

La soirée étudiante ou le déjeuner professionnel à risque ? 

Concernant les clusters en milieu universitaire, beaucoup se sont déclenchés après des soirées étudiantes, dans un lieu privé, ou dans un bar où les gestes barrières n’ont plus vraiment cours après 22 heures. Même chose pour les entreprises, avec des repas d’affaires, des séminaires surtout s'ils ont lieu à l'intérieur. Mais est-ce au bar après le bureau ou à la machine à café en papotant sans masque que les salariés se sont contaminés ? La distinction n’est aujourd’hui pas faite dans les statistiques. En revanche, ce que l’on voit c’est que la restauration est devenue le troisième secteur professionnel le plus touchée par ces clusters, après l'industrie alimentaire (encore les lieux de découpe de viande) et le transport terrestre (chauffeurs routiers, etc).

Études à l'étranger sur la fréquentation des bars 

Au Japon, une étude faite  sur une soixantaine de clusters entre janvier et avril estime que 16% concernaient des bars et des restaurants, loin derrière les hôpitaux et les maisons de retraite. En Autriche, en mars dernier, un bar de la célèbre station de ski de Ischgl, surnommée l’Ibiza des Alpes, est à l’origine de 300 contaminations dans quatre pays. Il faut dire que serveurs et clients jouaient au bière pong à l’heure de l’apéro. Avec une balle de ping pong qui passait de bouche en bouche. Mais cette pratique n’est pas forcément celle de tous les bars et restaurants. Aux États-Unis, une enquête statistique faite auprès de 300 personnes venues se faire tester dans 11 hôpitaux du pays a montré que celles qui étaient allées au bar ou au restaurant étaient 2,4 fois plus positives que les autres. Mais cette étude n'est pas très convaincante, d'autant qu'elle ne dit pas si ces personnes étaient en intérieur ou extérieur.  

Le risque des aérosols dans les lieux clos

Mais beaucoup de pays prennent cette mesure de fermeture des bars et restaurants aussi parce que ce sont des lieux clos. En France, en plus, il est difficile de retrouver tous les clients d'un bar si un cas de Covid se faisait connaître après une soirée. En outre, aujourd’hui, il y a un doute sur la transmission du virus par les aérosols, ces micro-gouttelettes que l’on envoie dans l’air rien qu’en respirant, en parlant, en chantant, y compris quand on n’a pas de symptômes. Une expérience faite en laboratoire a montré que l’on pouvait trouver des traces de virus dans ces aérosols même 16 heures après les avoir pulvérisés. Pour les scientifiques américains qui l’ont menée, il ne faudrait pas croire que des Plexiglas de séparation dans une salle bondée suffisent à stopper le virus.

Une terrasse de bar dans Paris.
Une terrasse de bar dans Paris. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)