Agroalimentaire : le Green Deal jugé pertinent par des chercheurs en ce qui concerne le climat et la santé des consommateurs

Ce pacte vert, feuille de route européenne, cristallise pourtant une partie de la colère des agriculteurs ces dernières semaines.
Article rédigé par Anne Le Gall
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
La présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen à un sommet consacré au Green Deal, le 26 septembre 2023 à Prague. (MICHAL CIZEK / AFP)

Des chercheurs de l'Institut de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (Inrae) ont analysé les trois leviers proposés par le pacte vert européen qui vise à réduire de 55% les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030. D'abord le développement d'une agriculture agroécologique avec moins de pesticides, d'engrais et plus de zones propices à la biodiversité comme les haies ou les zones humides. Ensuite la réduction de moitié des pertes et gaspillages alimentaires par habitant d'ici à 2030, car actuellement, 131 kilos de nourriture sont jetés par an et par habitant dans l'Union européenne, ce qui contribue à 15% des émissions de GES du système alimentaire. Enfin le troisième objectif, consommer moins de viande  car elle a une empreinte carbone élevée.

Selon les scientifiques, ces solutions sont vraiment efficaces. Ils ont calculé que, si l'on applique bien les trois leviers en même temps, ce sont des solutions gagnantes. Les émissions de gaz à effet de serre liées à la production agricole diminueraient fortement, permettant de respecter objectifs climatiques, l'indicateur de biodiversité s'améliorerait d'environ 20%, ce qui est aussi un atout pour l'avenir des exploitations. Et en allant vers une assiette plus végétale, moins émettrice de carbone, il y a aussi des bénéfices pour la santé du consommateur, avec un plus grand apport en fibres, ce que valide le réseau action climat et la société française de nutrition dans une autre étude publiée mardi.

La difficulté, c'est que cette évolution du système agricole risque poser des difficultés économiques. Difficultés qu'il ne faut pas sous-estimer, précise cette étude de l'Inrae. Car avec moins d'intrants chimiques, les rendements agricoles risquent de baisser, et les prix de monter, d'où la nécessité de faire des économies en réduisant le gaspillage alimentaire sur toute la chaîne et d'augmenter la part de protéines végétales (moins chères) dans l'assiette du consommateur. Par ailleurs, ces orientations auront des répercussions lourdes sur l'élevage. Et pour s'adapter, écrivent les chercheurs, ce secteur doit pouvoir compter sur le soutien actif des pouvoirs publics.

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