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Philippe Martinez (CGT) "Le point commun des mobilisations, c’est le pouvoir d’achat"

Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, était l'invité de Jean Leymarie, mercredi soir, pour évoquer la journée nationale d'action interprofessionnelle, qui a lieu jeudi.

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Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, le 18 avril 2018 sur franceinfo.
Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, le 18 avril 2018 sur franceinfo. (RADIO FRANCE / FRANCEINFO)

Si Philippe Martinez a dénoncé, mercredi 18 avril sur franceinfo, "marché de dupe" et "nouvelle tromperie du gouvernement" concernant la fin du statut de cheminot pour les nouveaux embauchés au 1er janvier 2020, le secrétaire général de la CGT a également évoqué la journée nationale d'action interprofessionnelle, qui a lieu jeudi.

franceinfo : Quelle est votre réaction sur la fin de l'embauche au statut de cheminot dès le 1er janvier 2020 ? Que répondez-vous au gouvernement ?

Philippe Martinez : Qu'ils n'auront pas non plus de convention collective. Ça fait deux ans et demi que les organisations syndicales, dont la CGT, essayent de négocier une convention collective. Depuis deux ans et demi, qui bloque ? Le patronat et parmi ce patronat celui qui bloque le plus c'est la SNCF, parce que du fait des filiales, elle est aussi dans les négociations. Nous considérons que c'est un marché de dupe que propose le gouvernement. Pourquoi n'a-t-on pas d'abord négocié la convention collective ? Pour l'instant, c'est le néant. C'est une situation de sans droits, de non droit. C'est une nouvelle tromperie du gouvernement.

Combien de temps pouvez-vous tenir avec cette grève perlée, car il y a de moins de moins de grévistes selon la direction de la SNCF ?

Les grévistes sont moins nombreux selon les chiffres de la direction qui choisit les endroits où elle compte les grévistes. Elle prend des endroits où il y a un peu moins de grévistes. Cette baisse s'explique en partie aussi à cause de la période de congés scolaires. La SNCF ne prend pas les chiffres sur l'ensemble des périmètres, mais là où ça l'arrange pour en faire des statistiques, qui montrent une baisse du nombre de grévistes. Il y a un peu moins de grévistes parce que c'est la période de vacances scolaires, car même quand on est en grève on a le droit de prendre un peu de repos avec sa famille et ses enfants.

Vous voulez élargir la mobilisation, puisque vous organisez jeudi une journée nationale d'action interprofessionnelle. Qui sera dans les cortèges ?

Demain [jeudi] dans les cortèges, il y aura les cheminots, les salariés d'EDF et plus globalement de l'énergie et du gaz, des salariés de la métallurgie, des fonctionnaires, des retraités, des étudiants, des professeurs. Ce que nous souhaitons c'est que tous ces conflits ont besoin de se retrouver dans des journées d'actions le 19 [avril] et puis il y a le premier mai qui va arriver. Pour ce qui est des revendications, il y a celles qui sont dans les entreprises et un tronc commun autour du pouvoir d'achat, les retraités peuvent en parler, les salariés d'Air France. Il y a les questions d'emplois, il manque des emplois partout dans les entreprises. Il y a un point commun entre une caissière de Carrefour et un pilote d'Air France, ce sont les problèmes de pouvoir d'achat. La CGT n'est pas seule à la SNCF, à Air France et dans la Fonction publique. Pour la prochaine journée d'action, toutes les organisations syndicales appellent à protester. C'est une manifestation pour dire que nous sommes mécontents et nous considérons que dans ce pays il y a de l'argent qui n'est pas dans les bonnes poches, car les très grandes entreprises françaises ont dégagé un bénéfice de 100 milliards d'euros l'année dernière dont la moitié est allée dans les poches des actionnaires.

Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, le 18 avril 2018 sur franceinfo.
Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, le 18 avril 2018 sur franceinfo. (RADIO FRANCE / FRANCEINFO)