L'interview J-1, France info

Blocages de raffineries et de dépôts de carburant : "Aujourd'hui, il n'y a aucun risque pour les automobilistes", assure Stéphane Travert

Le ministre de l'Agriculture veut trouver un terrain d'entente avec les agriculteurs, qui s'opposent à l'importation d'huile de palme pour la bioraffinerie de La Mède.

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Le ministre de l\'Agriculture Stéphane Travert, lundi 11 juin sur franceinfo
Le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert, lundi 11 juin sur franceinfo (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert a confirmé lundi 11 juin sur franceinfo qu'il recevra mardi à 15h la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs. Les deux syndicats agricoles participent au blocage de 16 raffineries et dépôts de carburant. Les agriculteurs dénoncent l'importation de produits agricoles non conformes aux normes françaises, notamment de l'huile de palme pour la bioraffinerie de La Mède (Bouches-du-Rhône). Stéphane Travert souhaite que Total trouve "les voies et les moyens, avec la filière, de se mettre d'accord sur des approvisionnements d'huile de colza française".

franceinfo : Y a-t-il un risque pour les automobilistes, si le mouvement devait durer ?

Stéphane Travert : Aujourd'hui il n'y a aucun risque pour les automobilistes, et j'appelle à la responsabilité de chacun. Aujourd'hui ce qui crée la pénurie c'est l'afflux de clients dans les stations-service qui viennent faire le plein alors qu'ils n'en ont pas forcément besoin. Je suis ouvert au dialogue, ouvert à discuter avec les organisations syndicales. A partir de là, nous espérons trouver les voies et les moyens pour réussir.

Le gouvernement ne reviendra pas sur l'accord avec Total sur le site de La Mède, qui va importer de l'huile de palme. Avez-vous une demande au président de Total ?

Aujourd'hui on a une filière colza en France qui est une belle filière, et que je soutiens, parce ce que je suis le ministre de l'Agriculture et que je soutiens et je défends les agriculteurs. C'est une filière qui produit des huiles alimentaires d'excellente qualité et qui produit aussi des tourteaux de colza et qui nous permet d'avoir cette autonomie protéique dont nous avons besoin. Qu'y a-t-il dans cet arrêté ? L'arrêté va permettre de redémarrer l'usine de la Mède. Mais à l'intérieur de cela il y a des engagements volontaires de Total pour utiliser 300 000 tonnes d'huile de palme mais aussi acheter 50 000 tonnes d'huile de colza. Je demande à Total de trouver les voies et les moyens, avec la filière, de se mettre d'accord sur des approvisionnements d'huile de colza française. C'est à la filière et à l'entreprise de pouvoir négocier. Je souhaite que notre filière colza ne soit pas mise en difficulté et reste compétitive. Et pour qu'elle reste compétitive il faut qu'elle puisse fournir de l'huile de colza dans nos raffineries françaises. Ce qui est nécessaire c'est que demain il puisse y avoir des engagements et des discussions entre la filière et l'entreprise.

Que répondez-vous aux agriculteurs qui disent qu'il y a un double discours ?

Je n'ai pas de double discours, je n'en ai qu'un, c'est défendre nos filières et défendre notre agriculture. C'est ce nous faisons au niveau national avec le projet de loi sur les EGA (Etats généraux de l'Alimentation), c'est comment ramener du revenu à nos agriculteurs. Je les défends sur le plan européen en défendant un budget ambitieux pour la PAC. Nous avons créé le groupe de Madrid : nous étions 6, aujourd'hui nous sommes plus de 18, pour défendre cette volonté d'avoir un véritable budget qui protège nos agriculteurs. Et je défends les agriculteurs sur le plan international, face aux accords commerciaux qui sont en cours de négociation aujourd'hui, comme le Mercosur.

Sur le projet de loi agriculture et alimentation qui va passer au Sénat, pourriez-vous appuyer de nouveaux amendements demandés par la FNSEA ?

Nous avons toujours dit que nous ne faisions pas de surtransposition. Et donc on doit avoir des réponses européennes aujourd'hui. Si la France mettait en avant une interdiction particulière, comme par exemple l'huile de palme, cela signifie derrière que d'autres pays européens vont continuer à produire du biocarburant avec de l'huile de palme, ce qui entraînera la fermeture de raffineries en France et la perte d'emplois car nous ne nous battrons pas à armes égales. Nous devons trouver des solutions européennes.

Le ministre de l\'Agriculture Stéphane Travert, lundi 11 juin sur franceinfo
Le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert, lundi 11 juin sur franceinfo (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)