"Superbloom" : en Californie, l’éclosion simultanée de millions de fleurs sauvages attire les foules

Le phénomène est rare et déclenché par les précipitations exceptionnelles qu’a connu la Californie ces dernières semaines. De quoi provoquer une ruée de photographes amateurs vers les montagnes et vallées couvertes de fleurs. Ce qui inquiète les autorités qui craignent que toute la flore soit piétinée.
Article rédigé par France Info, Marion Lagardère
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Lors de la dernière éclosion géante, en 2019, la ruée des touristes qui voulaient prendre en photo le phénomène a complètement détruit la flore de la Walker Valley en Californie. (TERRY SCHMITT / MAXPPP)

C’est un phénomène naturel exceptionnel en Californie et pour une fois ça n’est ni un méga-feu, ni une tempête de neige, ni un épisode de pluie diluvienne. C’est ce qu’on appelle le "superbloom" (super-éclosion, en français), autrement dit la floraison au même moment dans tout l’État américain de milliards de pavots californiens et autres fleurs sauvages, recouvrant montagnes et vallées d’une robe orange, jaune, violette et bleue pour quelques jours seulement.

C’est éphémère et assez rare. Le dernier "superbloom" s’est produit en 2019, parce qu’il faut un hiver bien humide pour déclencher cette éclosion simultanée. En ce début de printemps 2023, la Californie sort de plusieurs épisodes pluvieux et neigeux, les rivières atmosphériques, qui ont gorgé d’eau les sols où se trouvaient les graines des futures fleurs. Depuis deux jours, le "superbloom" est en cours, et l’affaire fait le bonheur des médias. Du Los Angeles Times à CNN, ABC ou encore Fox News, tous envoient des reporters sur place et publient des cartes interactives pour trouver la plus belle éclosion.

Éviter que des milliers de photographes amateurs ne piétinent toute la flore

Sur Instagram et TikTok, le mot-dièse #superbloom revient des centaines de milliers de fois. Et pour cause, tout le monde veut sa photo de pavot, sa photo de soi devant les fleurs, voire allongé dedans, quitte à tout écraser pour quelques commentaires et "like" flatteurs sur son profil. Lors de la dernière éclosion géante, en 2019, cet engouement a complètement détruit la flore du Walker Canyon en Californie. En une journée, toutes les plantes, à peines sorties de terre, ont été piétinées par des vagues de visiteurs, téléphone en main et impossibles à canaliser.

Pour éviter le même phénomène cette année, le shérif du comté de Riverside vient d’annoncer la fermeture temporaire du Walker Canyon, avec amende à la clé pour qui tenterait de forcer le passage pour accéder au site. Un peu plus loin, dans la réserve naturelle de Lancaster, les promeneurs sont autorisés, mais invités à rester sur les chemins.

Drôle de situation, où ce n’est pas tant la fleur que l’on regarde, mais son compte Instagram, où le temps d’un jour, on admire ce qui est considéré le reste de l’année comme une mauvaise herbe. Le pavot, cousin du coquelicot, est en effet la cible des herbicides les plus variés parce qu’il a le tort de se ressemer et de fleurir tout seul. Drôle de situation qui parle de nous, de nos contradictions, mais aussi de notre penchant pour l’émerveillement, tout entier contenu dans une fleur sauvage.

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