"Si vous ne savez pas réparer, arrêtez de détruire" : 30 ans après, le discours toujours actuel de Severn Cullis-Suzuki au Sommet de la Terre

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Elle avait 12 ans lorsqu’elle est montée à la tribune et qu’elle a prononcé "le discours qui a fait taire le monde" le 14 juin 1992 devant l’assemblée des Nations unies. Aujourd’hui, Severn Cullis-Suzuki dirige une fondation pour la protection de la nature et ne retirerait pas un mot de son discours.

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Severn Cullis-Suzuk, en 2011 à Paris, lors d'une conférence au ministère de l'Écologie. (© JB LE QUERE / MAXPPP / MAXPPP)

Le "discours qui a fait taire le monde", c’est ainsi à l’époque que toute la presse internationale a surnommé sa prise de parole au Sommet de la Terre de Rio au Brésil, le 14 juin 1992. La Canadienne Severn Cullis-Suzuki n’avait alors que 12 ans. Face à l’ONU, à George Bush, Fidel Castro, au Dalaï Lama, à des centaines de chefs d’États et de dirigeants de grandes entreprises, elle a lancé un véritable réquisitoire contre les responsables politiques et économiques de l’époque, dénonçant leur faillite morale.

La pollution de l’air, des rivières, la déforestation, les extinction d’espèces, "Aviez-vous, vous, à vous préoccuper de ce genre de problèmes quand vous aviez mon âge ? Tout ceci se passe là, devant nous, et la vérité, c’est que vous ne savez pas ramener à la vie les espèces éteintes, vous ne savez pas faire renaître les forêts que vous avez rasé et qui ont laissé place aux déserts, alors, si vous ne savez pas comment réparer, arrêtez de détruire !"

"Aujourd'hui, je me bats pour mes enfants"

Elle ajoute que c’est ce que l’on apprend aux enfants, partout dans le monde, dès la maternelle : respecter les autres, ne pas se battre, ne pas casser les choses, s’entraider, et de demander "pourquoi donc faites-vous exactement l’inverse ?" Et c’est ainsi, face à une salle devenue muette, que Severn Cullis-Suzuki a fait taire le monde. Son intervention n’était pourtant pas prévue. Le hasard a fait qu’un intervenant n’a pas pu venir, libérant un créneau de prise de parole. Pour le remplacer, le directeur de l’Unicef a proposé à Severn, porte-parole d’un groupe d’adolescents présents au sommet pour représenter la jeunesse, de monter à la tribune juste cinq minutes. Cinq minutes qui n’ont donc pas pris une ride.

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Trente ans plus tard, à 42 ans, elle habite toujours au Canada, près des forêts de Vancouver qui l’ont vu grandir, diplômée en biologie. Elle dirige une fondation de protection de la nature, et elle est devenue mère. "Ce qui change tout, confie-t-elle à Radio Canada, puisqu’avant je me battais pour moi, maintenant, je me bats pour mes enfants." Et même si la situation s’est considérablement dégradée en trente ans, d’après elle, il y a tout de même de l’espoir. L’épidémie de Covid a montré qu’une mobilisation mondiale pour une même cause est possible, que l’on peut réagir vite, et investir massivement. "Non seulement, c’est faisable, dit-elle au Guardian, mais nous connaissons les solutions à mettre en place," pour préserver la biodiversité, le climat, endiguer la pollution des sols, de l’air, des eaux.

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