L'étoile du jour, France info

L'étoile du jour. Serena Williams, joueuse de tennis insoumise

Coup de cœur ou coup de griffe : tous les matins, Marie Colmant distribue ses bons et mauvais points. Aujourd'hui, la joueuse américaine de tennis Serena Williams.

(JAIME LAWSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

L'étoile du jour est une grande championne de tennis qui a perdu samedi 8 septembre la finale de l'US Open. Cette étoile, c'est Serena Williams. Furax depuis samedi 8 septembre, depuis cette finale qui l'opposait à une jeunesse de 20 ans et qu'elle a perdue. On ne s'étendra ni sur les raisons de cet énervement, ni sur le bien-fondé de cette colère dont une raquette pliée en deux porte encore les stigmates. Mais une Serena Williams en pétard, cela fait du bruit.

La championne a une voix qui porte et elle est plutôt réputée pour ne pas mâcher ses mots. Même pas peur, et c'est un peu logique. Serena Willimas a grandi à Compton, un des quartiers les plus défavorisés de Los Angeles, un territoire de gang où il n'est pas rare d'entendre des coups de feu, comme ceux qui ont coûté la vie à sa demi-soeur aînée. Il en faudrait un peu plus qu'un arbitre de tennis pour lui faire peur. Serena Williams n'est pas seulement une championne, c'est aussi une dure à cuire, une "badass" comme disent les Américains pour désigner les fortes têtes. C'est une femme qui n'a pas ses mots dans sa poche, pour pointer les inégalités raciales et le racisme qui, selon elle, continue de sévir dans le tennis.

Une robe longue et des baskets au mariage royal

Militante du mouvement Black lives matter, Serena Williams est aussi féministe et il y a du boulot dans le tennis, d'autant qu'elle ne peut pas trop compter sur ses collègues masculins, pas très "sport" pour le coup, quand elle exhibe par exemple sa combinaison de Black panther à Roland-Garros. Cette combinaison était en fait un vêtement de contention, qu'elle portait à cause de ses soucis de circulation sanguine survenus après la naissance de sa fille. En revanche, ce n'était pas n'importe qu'elle combinaison : celle-ci était signée Virgil Abloh, le nouveau directeur artistique de Louis Vuitton pour les hommes, l'ancien bras droit du rappeur Kanye West, styliste à ses heures perdues. C'est aussi à Virgil Abloh que l'on doit ce formidable tutu en forme de bras d'honneur à tous ceux qui avaient accusé la championne de ne pas être assez féminine. Une idée risible pour ceux qui ont vu Serena Williams porter des cuissardes et des robes à traînes, en guest star dans le clip "Sorry" de Beyonce, ou plus récemment lorsqu'elle était invitée au mariage royal de Meghan Markle et du prince Harry et qu'elle s'est présentée en robe longue, chaussée de baskets. Ce n'est quand même pas compliqué ce que demande Serena Wiliiams : juste un peu de "respect", comme le chantait Aretha Franklin.

(JAIME LAWSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)