Roland-Garros : trois choses à savoir sur la tenue de "guerrière" de Serena Williams

Tenue de "super-héroïne" pour la principale concernée, combinaison "non réglementaire" pour son adversaire... Franceinfo revient sur le look choisi par la joueuse pour son retour sur les courts. 

Serena Williams affronte Kristyna Pliskova lors du tournoi de Roland-Garros, le 29 mai 2018, à Paris.
Serena Williams affronte Kristyna Pliskova lors du tournoi de Roland-Garros, le 29 mai 2018, à Paris. (CHRISTOPHE SIMON / AFP)

Pour son grand retour, après avoir donné naissance à sa fille il y a neuf mois, Serena Williams a marqué les esprits, mardi 29 mai. Et tous les yeux étaient tournés vers l'Américaine aux 23 titres du Grand Chelem. C'est dans une impressionnante combinaison de "super-héroïne" que Serena Williams s'est imposée, face à la Tchèque Kristyna Pliskova (7-6, 6-4). Le Monde rapporte que, pendant la conférence de presse d'après-match, la combinaison, peu habituelle sur les courts, est l'un des sujets qui ont éclipsé les questions sportives. Franceinfo vous liste trois choses à savoir sur cette fameuse tenue. 

Une tenue avec "un petit côté fonctionnel"

La combinaison, ultramoulante et qui descend jusqu'aux pieds, a "un petit côté fonctionnel", selon la joueuse. 

J'ai beaucoup porté de pantalons en jouant, parce que cela favorise une meilleure circulation sanguine. C'est une combinaison amusante, qui me permet de jouer sans aucun problème.Serena Williams

Depuis 2003 et un accident dans un hôtel de Munich, Serena Williams a souffert d'embolies pulmonaires provoquées par la formation de caillots dans le sang. Aussi, la joueuse a subi des complications médicales après la naissance de sa fille Alexis Olympia Junior, le 1er septembre 2017. Là encore, des caillots de sang sont responsables. Cette combinaison, conçue par la marque Nike après deux ans de recherches et de design, facilite notamment la récupération pour celle qui la porte. 

Des questions sur sa conformité réglementaire

La joueuse pourra-t-elle porter cette combinaison lors de ses prochaines rencontres à Roland-Garros ? Pas sûr... En effet, mercredi, à l'issue de son match, son adversaire vaincue, la 70e mondiale Kristyna Pliskova, a questionné l'usage de cette combinaison pendant la compétition.  

Je me demandais si c'était dans les règles. Je ne sais même pas quelle matière c'est. On dirait du Néoprène. Elle est supposée suivre les règles. Sinon, on la fait jouer nue.Kristyna Pliskova

Le Néoprène a déjà fait parler de lui dans le milieu sportif. En natation, il est à l'origine de plusieurs alertes de tricherie, notamment pendant les Jeux olympiques de 2009. La monde de la natation avait fait face à une polémique autour de combinaisons réalisées avec cet élastomère, suspectées d'améliorer les performances des athlètes.

Pour l'instant, le milieu du tennis est épargné par ces controverses. Mais avec sa combinaison, Serena Williams a peut-être jeté un pavé dans la mare. "Il y a de grosses discussions", rapporte RMC Sports, de la zone du juge-arbitre. 

Seul précédent pour guider la décision des juges : Wimbledon, 1985. Au premier tour, l'Américaine Anne White se présente sur le court dans une combinaison blanche, façon "Catwoman". Pendant une interruption de match à cause de la pluie, l'arbitre lui indique que sa tenue est "inappropriée" et lui conseille d'en changer. 

Un vêtement symbolique 

"Héroïne""guerrière"... Serena Williams l'assume, ce vêtement est symbolique. Il est pour elle une façon "de représenter toutes les femmes qui ont dû traverser des épreuves, mentalement et physiquement, avec leur corps, et qui reviennent, confiantes, croyant en elles-mêmes", a t-elle expliqué.

En conférence de presse, la joueuse a confirmé avoir l'"impression d'être une super-héroïne" dans sa combinaison, "une princesse guerrière", ou une "reine du Wakanda", pays africain imaginaire tout droit issu de l'univers de Black Panther"On a créé la combinaison bien avant le film, mais ça me le rappelle un petit peu quand même", a reconnu la joueuse.

Des revendications politico-culturelles fortes, pour celle qui a déjà participé au clip Lemonade de Beyoncé, qui dénoncait (en anglais) les inégalités de salaires ou encore le mépris médical envers les femmes noires.