"En orbite, nous sommes une seule et même équipe" : le Russe Anton Shkaplerov quitte l’ISS en prônant l’amitié et la coopération

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Le cosmonaute est revenu mercredi 30 mars sur Terre, après cinq mois de mission à bord de la Station spatiale internationale. En passant la main à l’Américain Marshburn, il a salué ses "frères et sœurs de l’espace" et rappelé que l’ISS est un symbole d’amitié et de coopération.  

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Radio France
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Anton Shkaplerov, le capitaine russe de la dernière mission de l’ISS vient de revenir sur Terre, le 30 mars 2022, au Kazakhstan. (BILL INGALLS / NASA via AFP)

Depuis plus de vingt ans que fonctionne l’ISS, les aller-retours vers la Station spatiale internationale, ne font plus vraiment la une. Des femmes et des hommes sont régulièrement envoyés dans l’espace, reviennent, repartent... Tout cela s’est banalisé. Mais voilà, l’actualité, en l’occurrence l’invasion de l’Ukraine par la Russie a rattrapé l’équipage de l’ISS, composé jusqu’à mardi, de deux Russes, quatre Américains et un Allemand. Depuis le 24 février, les journaux du monde entier se sont tous demandés si les missions allaient être compromises, si la coopération pouvait durer. Mercredi 30 mars, le capitaine de la 66e expédition, le Russe Anton Shkaplerov, 50 ans, a parfaitement démontré qu’à bord de la Station spatiale internationale, il n’y a pas de conflit qui vaille.

Après avoir dirigé la mission pendant cinq mois, il a donc piloté le retour dans l’atmosphère et l’atterrissage au Kazakhstan, ramenant avec lui son compatriote Russe Piotr Doubrov et son camarade Américain Mark Vande Hei, évidemment sans poser de conditions, remerciant au contraire ceux qu’il appelle "ses frères de l’espace". La veille, c’est à un autre Américain, Thomas Marshburn qu’il a passé les rênes du commandement de la station. "Les gens ont des problèmes sur Terre, a lancé Anton Shkaplerov, ici, en orbite, nous sommes une seule et même équipe, cette station spatiale est un symbole d’amitié, de coopération, et de tout ce que nous pourrons faire ensemble dans le futur." Shkaplerov, quatre missions au compteur, est un militaire, ingénieur, pilote de chasse qui prône donc la concertation, le travail d’équipe.

Après lui avoir passé la main, il a serré dans ses bras son successeur américain, sous les applaudissements de l’équipage, tous mesurant très bien le contexte et la pression qui pèse actuellement sur Terre. Une tension qu’ils ont aussi ressentie là-haut, à 350 kilomètres d’altitude, par exemple, quand les Russes l’année dernière ont fait exploser un vieux satellite avec un missile, créant en un instant 1 500 débris spatiaux non loin de l’ISS, "une petite urgence, a ironisé Shkaplerov, juste un satellite qui a failli tous nous tuer mais on a bien travaillé ensemble et on s’en est sorti". Vivre encapsulés au milieu d’un espace hostile, mortel, cela unit. Le vide ne regarde ni les passeports, ni les nationalités. Tous ceux qui sont allés là-haut reviennent avec ce constat : celui de la fragilité, de la nécessaire solidarité pour avancer. Vérité qui vaut aussi pour ce bas monde. Faut-il aller dans la stratosphère pour le réaliser.

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