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À 43 ans, l’haltérophile néo-zélandaise Laurel Hubbard sera la première athlète transgenre à participer aux JO

Six ans après le changement des règles olympiques par le Comité international olympique (CIO) et l’autorisation de concourir ouverte aux athlètes transgenres, la néo-zélandaise a été sélectionnée par les autorités sportives de son pays pour aller à Tokyo, malgré une lourde controverse.

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Laurel Hubbard, haltérophile néo-zélandaise, qualifiée pour les JO de Tokyo (Japon).
Laurel Hubbard, haltérophile néo-zélandaise, qualifiée pour les JO de Tokyo (Japon). (ADRIAN DENNIS / AFP)

L’annonce a été faite par le comité olympique de Nouvelle-Zélande, l’haltérophile Laurel Hubbard, 43 ans, sera donc la première femme transgenre à concourir aux Jeux dans un mois puisqu’elle a été confirmée dans l’équipe de son pays, catégorie super-lourds, les plus de 87 kilos. Une sélection qui a fait l’objet de nombreuses tractations, mais "l’athlète remplit toutes les conditions pour participer", explique le comité. En l’occurrence, le fait de présenter depuis plus d’un an un taux de testostérone inférieur à 10 nanomoles par litre de sang à chaque contrôle et le fait d’avoir déclaré son identité de genre comme femme depuis plus de quatre ans. Et pour cause, cela fait huit ans maintenant que Laurel Hubbard a fait sa transition, après des années de mal-être.

En fait, [mon questionnement à l'adolescence] est précisément la raison pour laquelle j’ai choisi l’haltérophilie, parce que c’est l’archétype du sport masculin. Je me suis dit que, peut-être, si j’essayais de faire quelque chose de très viril j’allais le devenir, mais ça ne s’est pas passé comme ça.

Laurel Hubbard, haltérophile

sur Radio New Zealand, en 2017

Elle est née à Auckland, en 1978, assignée garçon, mais dès l’adolescence, les questions émergent, insolubles, insoutenables. "En fait, dit-elle dans une de ses rares interviews à la radio publique RNZ, je me suis dit que, peut-être, si j’essayais de faire quelque chose de très viril, j’allais le devenir, mais ça ne s’est pas passé comme ça."

En 2001, malgré de bons résultats sportifs, la pression pour "rentrer dans les cases de ce monde" est trop forte, l’athlète arrête, range les haltères et entame une longue période de réflexion qui l’amène à prendre la décision de sa vie en 2012 : commencer un traitement aux hormones et faire sa transition. Trois ans plus tard, le CIO change ses règles et autorise les personnes transgenre à concourir, alors Laurel Hubbard reprend l’entraînement.

Je respecte les règles, je ne suis pas là pour changer le monde, je veux juste être moi-même et faire ce que j'aime faire.

Laurel Hubbard, haltérophile

sur Radio New Zealand

Elle s’inscrit à des compétitions, remporte l’argent aux mondiaux en 2017, puis l’or aux Jeux du Pacifiques en 2019. Et les critiques qui vont avec. Plusieurs championnes dénoncent une injustice, expliquent que ses os seraient moins fins, son bassin plus étroit. Sa rivale australienne, Charisma Amoe-Tarrant, elle n’y voit rien à redire, elle lui a même apporté son soutien. Alors qu’est-ce qu’une compétition équitable ? Quelle est la définition d’une catégorie femme ou homme ? Est-ce le taux de testostérone, les os, le genre déclaré ? Comment peut-on être sûr que deux athlètes combattent à armes égales ? Autant de questions que Laurel Hubbard ne prétend pas résoudre : "Moi je respecte les règles, je ne suis pas là pour changer le monde, dit-elle, je veux juste être moi-même".

Laurel Hubbard, haltérophile néo-zélandaise, qualifiée pour les JO de Tokyo (Japon).
Laurel Hubbard, haltérophile néo-zélandaise, qualifiée pour les JO de Tokyo (Japon). (ADRIAN DENNIS / AFP)