EDITO. Y a-t-il une majorité à l'Assemblée ?

Vote déterminant sur la réforme des retraites au Sénat jeudi matin, à l’Assemblée l'après-midi. Sauf si Elisabeth Borne recourt à l’article 49-3...
Article rédigé par France Info, Renaud Dély
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Elisabeth Borne et le ministre du Travail Olivier Dussopt à l'Assemblée nationale, le 14 mars 2023 (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Y a-t-il une majorité à l’Assemblée ? La question est cruciale pour l’avenir de la réforme des retraites et pour celui du gouvernement. Et elle se pose avec d’autant plus de vigueur que l’exécutif collectionne les déconvenues. Mercredi 15 mars, c’est la réforme sur la sûreté nucléaire qui a été rejetée en première lecture. Le texte voulait notamment raccrocher l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) au sein de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), le gendarme des centrales. L’opposition dénonçait un "démantèlement". Et les députés ont adopté un amendement rejetant cette fusion. Plus inquiétant encore pour le gouvernement, des critiques sont venues des rangs mêmes de la majorité.
 
Cette majorité, qui n’est que relative, a été mise sous pression pendant des semaines, d’abord par l’obstruction des insoumis, puis par les états d’âme de LR. Et le fameux "en même temps" lui revient en boomerang. Il a permis de faire approuver le texte sur les énergies renouvelables grâce à une partie de la gauche, et celui sur l’accélération du nucléaire grâce à une frange de la droite. Sauf que la droite et la gauche trouvent parfois, "en même temps", des raisons de s’opposer. C’est le cas à propos du texte sur l’immigration. LR dénonce le nouveau titre de séjour pour "les métiers en tension", la gauche fustige la limitation des recours pour les demandeurs d’asile déboutés, et on voit mal, pour l’heure, comment Gérald Darmanin peut espérer obtenir une majorité.
 

Des dissensions même entre les partis qui soutiennent le gouvernement


Toute la question est de savoir combien de temps cette situation peut durer. Pour l’heure, ni LR, ni la Nupes n’ont franchement intérêt à une dissolution Mais le problème, c’est qu’il y a de la friture au sein même de la majorité. Renaissance a fait capoter un texte du groupe Horizons sur les peines planchers et les troupes d’Edouard Philippe ont rejeté la proposition d’Aurore Bergé sur l’inéligibilité des personnes condamnées pour violences conjugales.

Impossible de gouverner toute législature à coups de 49-3, l’usage étant limité à un seul texte, hors les textes budgétaires. Raison pour laquelle, même si la réforme des retraites était adoptée, cette première année du second quinquennat a déjà comme un faux air de fin de mandat.

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