EDITO. Sommet pour l'Amazonie : où est la France ?

Les pays sud-américains ont signé une "alliance" pour lutter contre la déforestation de l'Amazonie. Bien qu'il n'y ait pas d'objectifs définis, l'absence de la France, pourtant responsable d'une partie de la forêt en Guyane, est une erreur.
Article rédigé par franceinfo - Benjamin Sportouch
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Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min
Le ministre des Affaires étrangères de l'Equateur, le Premier ministre du Guyana, les présidents colombien, brésilien, bolivien, péruvien, le vice-président vénézuélien et le ministre des Affaires étrangères du Suriname lors du Sommet de Belem, au Brésil, le 8 août 2023. (RICARDO STUCKERT / BRAZILIAN PRESIDENCY)

Mercredi 9 août s’est achevé le sommet de Belem, au Brésil, contre la déforestation de l’Amazonie. Un sommet qui s'est tenu sans la France, qui a pourtant une partie du poumon vert de la planète sous sa responsabilité : en Guyane.

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Mais Emmanuel Macron n'a pas fait le déplacement. Le président français aurait pourtant dû interrompre ses vacances au soleil pour s’y rendre en avion. Il y a des bilans carbone qui se justifient. On a du mal à comprendre les raisons, pas très claires d’ailleurs, invoquées par l’Elysée. S’il s’agissait de rendre la monnaie de sa pièce au président brésilien Lula, parce qu’il avait boudé le sommet organisé au Gabon début mars en partenariat avec la France, ce serait de l’orgueil bien mal placé. D’autant qu’ Emmanuel Macron lui-même, dans un tweet publié mercredi 9 août, reconnaît le rôle crucial de la forêt contre le réchauffement climatique.

La diplomatie du climat, une force française

Certes, ce sommet s'est conclu sans rien de très concret. Les pays sud-américains d'Amazonie se sont seulement entendus sur une simple "alliance" contre la déforestation sans objectifs définis. Mais cela n’excuse pas notre absence au plus haut niveau.

Si on part du principe qu’il ne faut se rendre aux sommets sur le climat que si on est certain du résultat, alors inutile d’assister aux Cop qui se succèdent.

Benjamin Sportouch, éditorialiste politique

à franceinfo

C’est en arrivant plein d’ambitions et en venant les défendre sur place qu’on peut espérer changer le cours des choses. C’est cela la diplomatie et en particulier celle, plus exigeante encore, sur l’environnement. Et depuis la Cop 21 de Paris en 2015, qui a fait date en fixant un cap inespéré à l’époque, la France a un rôle particulier à jouer et elle est attendue. Emmanuel Macron défend assez souvent la place de notre pays dans les grands enjeux mondiaux pour ne pas l’ignorer.

Le président français n'arrive pas à verdir son image

D'autant que le président français cherche pourtant à donner des gages sur son engagement écologiste, sans grand succès jusque-là. Certes, la planification écologique est désormais dans les mains de la Première ministre pour montrer l’importance qu’on y accorde, et 25 milliards d’euros d’investissement ont été engagés pour cette seule année 2023.

Mais les milliards ne font pas tout, comme il ne suffit pas d’ériger la défense de notre planète en priorité numéro 1 pour incarner cette lutte. Et Emmanuel Macron n’y est jusque-là pas arrivé. La détermination, l’ambition qu’il peut déployer dans d’autres domaines, comme le développement économique par exemple, ne sont pas mis à son crédit en matière d’écologie. Et des phrases malheureuses, à l’instar de celle de mars dernier où le chef de l’Etat demandait en substance de ne plus alourdir les normes environnementales n’aident pas à  changer son image. Sa présence au sommet pour l’Amazonie y aurait, au contraire, contribué. 

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