EDITO. Présidence des Républicains : pourquoi cette élection semble "hors sol" vue de l'extérieur

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Le deuxième tour du congrès de LR opposera donc le week-end prochain le député des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti au chef de file des sénateurs Républicains, Bruno Retailleau. L'édito politique de Renaud Dély.
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Radio France
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Eric Ciotti, Bruno Retailleau et Aurélien Pradié, lors de l'unique débat de la campagne interne pour la présidence des Républicains, diffusé sur LCI, le 21 novembre 2022. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

Un duel sans surprise. Avec 42% des suffrages, Eric Ciotti a devancé Bruno Retailleau de 7 points. Le troisième larron, le député du Lot, Aurélien Pradié, est éliminé avec un score honorable de 22 %. Rien n’est définitivement joué, mais Eric Ciotti reste le mieux placé pour décrocher dimanche prochain le poste de Président des Républicains.

>> Présidence des Républicains : Eric Ciotti arrive en tête et affrontera Bruno Retailleau au second tour

La droite va donc gagner une présidentielle et cela fait un moment que cela ne lui est pas arrivée. Mais c’est la présidentielle interne à LR, et il s’agit d’une compétition un peu "hors sol". L'électorat y est peu représentatif de la population française, beaucoup plus âgé, masculin et aisé que la moyenne. Et il est très restreint : à peine 91 000 adhérents pouvaient participer hier à ce vote électronique. Ou plutôt "91 000 cartes", comme le souligne un soutien de Bruno Retailleau, ce qui n’est pas exactement la même chose.

En trois mois, les effectifs ont officiellement bondi de 48 000 à 91 000 adhérents. Car chacun des trois candidats a "fait des cartes"… qui ne correspondent pas forcément à de vrais militants. Dimanche, nos confrères du Journal du dimanche ont révélé avoir fait adhérer une de leurs journalistes et ses…  deux chats, Kalli et Zizou. Et hop ! L’an dernier, lors de la primaire interne pour la présidentielle remportée par Valérie Pécresse, on avait retrouvé parmi les adhérents fictifs le vote d’un chien nommé Douglas. Ce genre de pratiques est assez classique, surtout dans les formations en perte de vitesse. Plus un parti s’affaiblit, plus il a tendance à verser dans des manœuvres d’appareil pour trancher ses conflits internes. 

Alors, la désignation d’un nouveau président peut-elle aussi remettre LR en ordre de marche ? Sans doute. Mais il ne faut pas exclure un risque de désagrégation accélérée sur fond de rabougrissement idéologique. Si Eric Ciotti l’emporte, beaucoup à LR redoutent que des élus hostiles à sa ligne extrêmement dure sur les sujets régaliens, sécurité et immigration, se rapprochent de la majorité. En ces temps de crise de la politique, être chef de parti n’est pas une sinécure. Et on comprend que les présidentiables, de Marine Le Pen à Laurent Wauquiez, préfèrent s’épargner cette corvée.

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