ÉDITO. Élections européennes : le retour des "gauches irréconciliables"

À moins de deux mois des élections européennes du 9 juin, les désaccords sont nombreux entre les différentes listes incarnant la gauche. Raphaël Glucksmann, tête de liste PS-Place publique, semble être le punching-ball préféré de ses concurrents.
Article rédigé par Renaud Dély
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Raphaël Glucksmann, tête de liste PS-Place publique, s'exprime lors d'un meeting de campagne à Tournefeuille, dans le sud-ouest de la France, le 24 mars 2024. (VALENTINE CHAPUIS / AFP)

À gauche, la bataille des Européennes fait rage, mardi 16 avril. Raphaël Glucksmann, la tête de liste choisie par le PS, représente une cible privilégiée. Il est devenu le punching-ball préféré de ses concurrents depuis qu’il fait la course en tête à gauche dans les sondages d’intentions de vote. Les Insoumis le peignent en complice de Benyamin Netanyahou parce qu’il refuse de qualifier de "génocide" la situation des Palestiniens à Gaza. La secrétaire nationale des Verts, Marine Tondelier l’accuse d’être un faux écologiste parce qu’il est soutenu par la présidente de la région Occitanie Carole Delga favorable à l’autoroute Toulouse-Castres. En retour, Raphaël Glucksmann fustige le refus de LFI de considérer le Hamas comme une "organisation terroriste" et dénonce le poutinisme de Jean-Luc Mélenchon. Lequel accuse les écologistes d’avoir renié leurs idéaux pacifistes parce qu’ils approuvent les livraisons d’armes à l’Ukraine. Bref, à gauche, chacun est devenu le traître de l’autre. C’est le retour des "deux gauches irréconciliables".  


Il n’y a pas si longtemps, elles étaient pourtant unies au sein de la Nupes, mais cette alliance n’était qu’un cartel électoral de circonstances, pour limiter les dégâts aux législatives. Les désaccords de fond, sur l’Europe, la laïcité ou les sujets régaliens, avaient été mis sous le tapis. Fort de son score à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon avait imposé son hégémonie. Ce fragile accord a volé en éclats au lendemain des massacres commis par le Hamas le 7 octobre. Depuis, le fossé à gauche n’a fait que se creuser.

La future présidentielle en toile de fond

C’est de nouveau la question du leadership qui se joue. À mesure qu’il perd de son influence, Jean-Luc Mélenchon hausse le ton. Il a repris les commandes de la campagne européenne de LFI et veut en faire le 1er tour de la présidentielle de 2027. Une sacrée prise de risques car Raphaël Glucksmann répète justement que s’il est en tête de la gauche le 9 juin, la future union ne se fera pas sur la ligne radicale des Insoumis.

Chacun des deux camps brandit son épouvantail : côté socialiste, les outrances de Jean-Luc Mélenchon, qui condamneraient à la gauche à la défaite; côté Insoumis, le spectre du retour de François Hollande, qui condamnerait la gauche à la trahison. On imagine mal ces deux gauches gouverner ensemble demain. De toute façon, rien ne presse. Dans les sondages, l’addition de toutes ces gauches divisées atteint péniblement 30% des voix, soit son plus bas niveau historique.

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