EDITO. Avec la loi sur le partage de la valeur, le gouvernement change de méthode

Débattu depuis lundi à l’Assemblée Nationale, le projet de loi sur le partage de la valeur en entreprise marque le retour au premier plan de la question du pouvoir d’achat… L'édito de Renaud Dély.
Article rédigé par France Info, Renaud Dély
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Elisabeth Borne, à Vélizy-Villaboublay, dans les Yvelines, le 28 avril 2023. (EMMANUEL DUNAND / AFP)

On l’avait presque oublié avec le long, très long épisode de la bataille des retraites. Les récentes polémiques sur l’immigration ont également masqué cette réalité. Mais le pouvoir d’achat reste la première préoccupation des Français. Même si elle commence tout juste à ralentir, l’inflation demeure forte, surtout celle des produits alimentaires. Ce texte de loi sur le partage de la valeur est donc d’une importance capitale pour le gouvernement. 

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D’abord, parce qu’il vise notamment à étendre aux entreprises de moins de 50 salariés les dispositifs de participation, d’intéressement, et de primes défiscalisées. Et puis surtout parce qu’il est supposé permettre à l’exécutif de retisser un lien avec les syndicats. Il s’agit en effet de la transcription dans la loi de l’accord interprofessionnel signé en février par la quasi-totalité des organisations, sauf la CGT. 

Ls syndicats plus sages et plus responsables que les députés

Une façon d’illustrer un changement de méthode : fini les syndicats snobés, contournés, ignorés, les passages en force, les 49-3 et autres article 40 de la  Constitution utilisés pour la réforme des retraites ; sur le partage de la valeur, le gouvernement fait profil bas. Il invite carrément les parlementaires à se mettre dans la main des partenaires sociaux. Le ministre du Travail, Olivier Dussopt, veut même soumettre à leur approbation les éventuelles modifications du texte que décideraient les députés. Voir la démocratie sociale dicter ainsi son agenda à la démocratie parlementaire, c’est un phénomène assez rare. Mais il faut dire que, depuis un an, les syndicats ont souvent été plus sages et plus responsables que les députés.

Est-ce à dire que le texte pourrait recueillir l’unanimité ? Non, sûrement pas. En particulier parce que la Nupes dénonce les effets pervers de ces différents compléments de revenus qui risquent, selon elle, de bloquer les augmentations de salaires. La gauche, en particulier les insoumis, a donc déposé de nombreux amendements pour remettre sur le tapis ses propositions en matière de hausses des salaires.

Difficile toutefois de s’opposer frontalement à un texte validé par les syndicats. Le groupe PS a déjà expliqué qu’il l’approuverait. Un renfort bienvenu pour l’exécutif en ces temps où sa majorité a souvent semblé plus relative que jamais.

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