Ebranlé par l'affaire Quatennens, Jean-Luc Mélenchon rappelle ses faits d'armes féministes

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Critiqué, après l'affaire Quatennens, jusque dans son camp, Jean-Luc Mélenchon a tenté de se justifier une nouvelle fois en revendiquant des décennies d’engagement en faveur des femmes.

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Radio France
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Jean-Luc Mélenchon, le 10 septembre 2022 à la Fête de l'Humanité, à Brétigny-sur-Orge (Essonne). (THOMAS SAMSON / AFP)

Jean-Luc Mélenchon a publié un long texte sur sa page Facebook où il se définit comme un "militant féministe depuis une cinquantaine d’années" et revendique d’avoir toujours combattu le patriarcat et promu de nombreuses femmes en politique.

Une autojustification un peu laborieuse qui illustre le profond malaise à gauche depuis que le leader insoumis a loué le "courage" et la "dignité" de son lieutenant Adrien Quatennens au moment où celui-ci reconnaissait avoir frappé son épouse.

Plus de 500 militantes féministes engagées à gauche ont, par exemple, publié une pétition pour dénoncer un "système de protection des agresseurs en politique", accuser Jean-Luc Mélenchon d’y participer et réclamer la démission d’Adrien Quatennens de l’Assemblée. Plus nouveau, les critiques fusent même au sein des Insoumis. Preuve que LFI est bel et bien entrée dans une nouvelle période : celle de l’après-Mélenchon.

Des réactions fortes chez les Insoumis

L’intéressé l’a ouverte lui-même en annonçant début septembre qu’il souhaite "être remplacé" à la présidentielle de 2027. Rappelons qu’il aura alors 75 ans. L’un de ses fidèles, Alexis Corbière a aussitôt confirmé qu’une "nouvelle étape" s’ouvrait, celle de la succession. Et sur franceinfo, un autre héritier putatif, le député de la Somme François Ruffin a fait la leçon à Jean-Luc Mélenchon en lui reprochant d’avoir confondu deux registres dans l’affaire Quatennens, l’amitié qu’il a pour le député du Nord, et "la réaction politique d’un dirigeant politique qui doit défendre des principes même quand ce sont les siens qui sont en cause".

Mais les Insoumis n’ont pas encore tourné la page Mélenchon, et ça va prendre un peu de temps. Ce n'est  pas simple parce que le parti a été fait par et pour le chef. En son absence, il n’y a pas de leader indiscutable. Et pas de ligne. On l’a vu la semaine dernière lors de cette conférence de presse où les députées insoumises bafouillaient des réponses en langue de bois pendant leurs collègues masculins regardaient courageusement leurs chaussures. 

Pour les Insoumis, la vie sans Mélenchon, c’est un peu comme quand vos parents vous ont enlevé les petites roues du vélo : au début, on finit souvent le nez sur le macadam. Et pourtant, à un moment, il faut bien apprendre à pédaler tout seul...

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